Scandale à la Fifa: La Fifa rattrapée par ses vieux démons
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Scandale à la FifaLa Fifa rattrapée par ses vieux démons

A deux jours de l'élection du président, l'instance est ébranlée par des arrestations au petit matin et des procédures en justice.

Sept fonctionnaires de la FIFA et d'organisations affiliées ont été arrêtés mercredi matin à Zurich. Des documents et des données ont été saisis au siège de la fédération mondiale de football. Au total, 14 personnes sont inculpées pour corruption aux Etats-Unis.

Les sept personnes arrêtées à Zurich ont été placées en détention en vue de leur extradition vers les Etats-Unis. Les arrestations ont été effectuées à l'hôtel de luxe Baur au Lac. L'opération a été menée par la police zurichoise à la demande des autorités américaines, a indiqué mercredi l'Office fédéral de la justice (OFJ).

Parallèlement, l'OFJ a fait bloquer dans plusieurs banques suisses des comptes par lesquels auraient transité les fonds incriminés. Il a exigé la saisie de documents bancaires.

Le parquet du district Est de New York soupçonne les sept fonctionnaires d'avoir accepté des pots-de-vin et des commissions depuis les années 1990. Ils auraient reçu de l'argent en échange de droits médiatiques, de marketing et de sponsoring des compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud.

Des représentants des médias et du marketing sportif seraient impliqués dans ces versements. L'entente aurait été conclue aux Etats-Unis, ainsi que les préparatifs. De l'argent aurait transité par des banques américaines.

Perquisition à Miami

La police cantonale zurichoise doit encore entendre les sept personnes arrêtées. Ceux qui accepteront d'emblée leur extradition feront l'objet d'une procédure accélérée. Pour ceux qui s'opposent à l'extradition, l'OFJ demandera aux Etats-Unis de faire une demande formelle d'extradition à la Suisse dans un délai de 40 jours.

Au total, 14 personnes sont inculpées pour corruption aux Etats-Unis, dont deux vice-présidents de la FIFA et cinq responsables du marketing sportif. Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison pour crime organisé, escroquerie, corruption et blanchiment d'argent.

Par ailleurs, le siège de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), à Miami, a été perquisitionné dans le cadre de cette procédure, a indiqué le département américain de la justice.

Autre procédure en Suisse

Dans le cadre d'une procédure pénale distincte, ouverte le 10 mars, le Ministère public de la Confédération (MPC) a quant à lui saisi mercredi des documents et des données électroniques au siège principal de la FIFA à Zurich. Ces documents sont en rapport avec l'attribution des Coupes du monde de football 2018, en Russie, et 2022, au Qatar, a indiqué le MPC.

Le MPC a aussi ordonné précédemment à des établissements financiers suisses de lui transmettre des documents bancaires. Cette procédure pénale fait suite à une plainte déposée par la FIFA elle-même le 18 novembre 2014. Les documents saisis serviront tant dans la procédure pénale suisse que dans les procédures pénales à l'étranger.

Dix personnes à auditionner

Dix personnes ayant participé au processus d'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 en qualité de membres du comité exécutif 2010 doivent être auditionnées par le MPC et la Police judiciaire fédérale (PJF) «en tant que personnes appelées à donner des renseignements».

La FIFA n'est pas prévenue dans la procédure du MPC concernant l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, mais lésée, a souligné mercredi à la presse Walter de Gregorio, porte-parole de la fédération. Il a ajouté que le président Sepp Blatter et son secrétaire général ne sont pas impliqués dans la procédure.

La FIFA coopère totalement

La FIFA coopère totalement avec le MPC et l'Office fédéral de la justice, a-t-il ajouté. Malgré la situation actuelle, le congrès en vue de l'élection du président de la FIFA se déroulera comme prévu vendredi. Sepp Blatter brigue un 5e mandat à la tête de la fédération.

Le Conseil fédéral a été informé mercredi matin par la ministre de la justice Simonetta Sommaruga des arrestations survenues à Zurich. Le gouvernement «condamne toute forme de corruption», a déclaré le porte-parole du Conseil fédéral André Simonazzi. Au nom de la présomption d'innocence, le gouvernement refuse de s'exprimer sur la procédure en cours, ainsi que sur les reproches formulés à l'encontre des personnes concernées. (20 minutes/ats)

Ali Bin Al-Hussein se positionne

«Nous ne pouvons pas continuer avec la crise à la Fifa», a commenté mercredi le Jordanien Prince Ali, candidat opposé au dirigeant en exercice Joseph Blatter à la présidentielle d'une instance en pleins tourments judiciaires.«La Fifa a besoin d'un leadership qui gouverne, qui guide et protège nos fédérations, a poursuivi le Prince Ali dans un communiqué. Un leadership qui accepte sa responsabilité pour ses actes et ne rejette pas la faute sur autrui».

«Terrible» moment pour la fédération brésilienne

Le président de la fédération brésilienne de football (CBF), Marco Polo Del Nero, a admis mercredi que son instance vivait un moment «terrible» avec l'interpellation en Suisse de son prédécesseur José Maria Marin. «Il est évident que ce n'est pas bon, c'est terrible, mais avant tout, nous devons savoir ce qui s'est passé et je n'en ai pas la moindre idée», a expliqué le dirigeant actuel de la CBF dans son hôtel zurichois.

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