La fille cadette de Dick Cheney s'oppose à George W. Bush
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La fille cadette de Dick Cheney s'oppose à George W. Bush

La volonté du président d'inscrire dans la Constitution l'interdiction du mariage homosexuel suscite des réactions hostiles: y compris de la fille cadette de son propre vice-président, Mary Cheney, elle- même lesbienne.

Mary Cheney, 37 ans, avait pris une part active au sein du parti républicain à la campagne pour la réélection de George W. Bush et de son père en 2004. Ce parti a fait d'un amendement constitutionnel pour interdire le mariage homosexuel l'un des éléments de son programme électoral.

«Cet amendement sur le mariage homosexuel revient à inscrire le principe de la discrimination dans la Constitution», a affirmé dimanche Mary Cheney à la chaîne de télévision Fox, particulièrement prisée de l'électorat républicain, en ajoutant: «C'est une mauvaise loi».

«Le président Bush a apparemment une opinion tranchée à ce sujet et c'est de toute évidence un sujet sur lequel je ne suis pas d'accord avec lui», a-t-elle renchéri. La question du mariage homosexuel avait été l'un des thèmes importants de la campagne présidentielle de 2004 et risque de le devenir à nouveau lors des élections de mi-mandat en novembre.

Livre publié

Mary Cheney vient de publier un livre intitulé «A mon tour» dans laquelle elle revendique ouvertement son homosexualité et revendique son appartenance au parti républicain et son admiration pour son père.

«Cela fait six ans que mon père est devenu vice-président et depuis, tout le monde, des médias jusqu'aux militants des deux camps politiques et même le candidat démocrate à la présidentielle ont dit ce qu'ils pensaient de moi, maintenant c'est mon tour», a-t- elle déclaré.

Elle s'est indignée du fait que John Kerry, l'adversaire démocrate de George W. Bush en 2004, et John Edwards, qui était le candidat démocrate à la vice-présidence, aient tous deux évoqué publiquement son homosexualité lors de débats publics télévisés pendant la campagne. «Je ne suis pas sûre que je peux faire partager à la télévision ma réaction initiale», a-t-elle dit dimanche à propos des déclarations de John Edwards.

Juron

Le journaliste qui l'interrogeait lui a rappelé qu'elle avait lâché un juron alors qu'elle assistait au premier rang au débat public entre John Edwards et son père. Ma mère et ma soeur «ont eu une attitude plus polie et se sont contentées de lui tirer la langue», s'est-elle souvenue dimanche.

Selon plusieurs observateurs politiques, Karl Rove, le principal conseiller politique de George W. Bush, a l'intention de mobiliser à nouveau les électeurs républicains autour de cette question d'ici les élections de novembre où les républicains apparaissent très menacés par les démocrates.

«J'espère que personne ne cherche à amender la Constitution dans le cadre d'une stratégie politique et que les gens n'essaient pas d'amender la Constitution pour atteindre leurs objectifs politiques», a dénoncé Mary Cheney. Même la première dame des Etats- Unis, Laura Bush, qui faisait la tournée des émissions politiques télévisées dimanche sur les chaînes de télévision américaines, a été interrogée sur la question.

«Je ne pense évidemment pas que cela doit être utilisé comme une arme de campagne électorale. Mais je pense que c'est quelque chose dont les Américains veulent débattre et cela réclame beaucoup de tact», a-t-elle affirmé. Interrogée sur le rôle de Karl Rove dans la promotion de ce thème de campagne, elle a répondu assez sèchement: «Je ne savais pas que Karl Rove était un élu». (ats)

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