Crise en Belgique: La fin du gouvernement Leterme
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Crise en BelgiqueLa fin du gouvernement Leterme

Le gouvernement belge dirigé par Yves Leterme a décidé jeudi de présenter sa démission, a annoncé un de ses principaux ministres.

Le gouvernement belge risque de tomber et de plonger le pays dans une grave crise politique. Un parti clé de la coalition au pouvoir a décidé jeudi de claquer la porte en raison d'un conflit linguistique entre francophones et flamands néerlandophones.

Une chute du gouvernement serait un coup dur pour le royaume et donnerait de lui une piètre image alors qu'il s'apprête à assumer en juillet la présidence tournante de l'Union européenne. Or, le parti des libéraux flamands (Open VLD) a annoncé son intention de claquer la porte à l'issue d'une réunion de ses instances dirigeantes à Bruxelles.

«Une solution négociée n'a pas marché et c'est pourquoi l'Open VLD retire la confiance dans le gouvernement», a déclaré à la presse son président, Alexander De Croo. L'annonce de la chute du gouvernement dirigé par Yves Leterme n'est pas encore décidée, car les quatre partis qui restent au sein de la coalition conservent mathématiquement une majorité d'élus à la Chambre des députés.

Mais le départ de cette formation rend difficile sa survie. En effet, la tradition qui veut qu'il y ait un équilibre entre partis flamands et francophones au sein du gouvernement est remise en cause. Il y subsiste en effet trois formations francophones pour une seule formation flamande, le parti chrétien-démocrate de M. Leterme.

Echec des négociations marathon

Ce coup de théâtre est intervenu après l'échec dans la nuit de mercredi à jeudi de négociations marathon. Elles ont été menées cette semaine pour tenter de trouver un compromis au sujet d'un conflit récurrent entre les deux grandes communautés linguistiques du royaume, les Flamands, majoritaires, et les francophones.

La décision de l'Open VLD «ne fera gagner en Flandre que ceux qui veulent le séparatisme et la fin du pays», a réagi un dirigeant francophone, Olivier Maingain. Les Flamands exigent la suppression de droits linguistiques spécifiques accordés aux francophones vivant en Flandre, dans la banlieue de Bruxelles.

Une proposition de compromis a été discutée depuis le début de la semaine. Elle prévoyait une suppression des droits, sauf pour ceux de six communes - dites «à facilités» - où ils auraient été gravés dans le marbre et même en partie renforcés.

La ville de Bruxelles, située en Flandre mais majoritairement francophone et lourdement déficitaire, s'est aussi vu promettre d'avantage d'argent. Mais cela n'a pas suffi aux francophones. (ats)

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