Paris (F): La firme chinoise Huawei en quête d'un bestseller
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Paris (F)La firme chinoise Huawei en quête d'un bestseller

L'équipementier de télécoms a soigné les fondamentaux pour son nouveau smartphone phare: un produit bien fini avec un appareil de photos costaud, le tout à un prix très attractif.

par
Laurent Favre

Huawei a présenté, hier à Paris, son nouveau téléphone de référence. Tournant sous la dernière version d'Android KitKat, l'Ascend P7 4G/LTE s'appuie sur un écran haute définition Full HD de 445 ppi. Avec une épaisseur de 6.5 mm pour 125 g., il a hérité de la finesse record de son prédecesseur, l'Ascend P6 lancé il y a une année à Londres. L'appareil s'appuie sur un processeur quad-core 1.8GHz HiSilicon avec 2Go de RAM. La surcouche logicielle maison Emotion UI 2.3 s'est, elle, débarrassée de ses icônes un peu enfantines pour des éléments plus flashy et colorés, rappelant ceux introduits avec l'iOS 7 d'Apple.

Autonomie améliorée

Tenant bien en mains et agréable au toucher, l'Ascend P7 arbore des bordures métalliques avec des extrémités en forme de «C» avec un produit bien peaufiné à l'aide de 7 couches. Ses façades avant et arrière sont traitées avec la protection Gorilla Glass. Du côté de l'autonomie, une batterie lithium polymère retient 2500 mAh, contre 2000 mAh à son prédécesseur. Une fonction promet une journée en veille une fois la barre des 10 % d'énergie restante dépassée. Une double antenne se charge d'améliorer la réception de la 4G sur le smartphone qui est disponible en trois coloris différents (noir, blanc, rose). En Suisse, seule la version noire sera disponible au début juin.

Appel au «groufies»

Misant côté logiciel sur la simplicité d'une interface sans fioritures, l'Ascend P7 tutoie par contre les modèles de référence en matière de photo avec ses capteurs photos numérique costauds, 13 mégapixels pour l'arrière et 8 mégapixels pour le frontal. Surfant sur la vague des selfies, le second invite à faire des autoportraits de haute qualité. Huawei le met en avant avec sa fonction panorama qui permet d'immortaliser des groupes de selfies. La firme chinoise espère s'en servir pour initier une nouvelle mode, celle des« groufies», mot-valise formé avec les termes groupes et selfies.

Effet «waouw»

Durant la présentation, la firme de Shenzhen a réussi à passer un «effet waouw» auprès de l'audience. L'appareil peut en effet accueillir deux cartes SIM, l'un des deux emplacements acceptant à la fois une carte Nano SIM et une carte microSD. Malheureusement, l'innovation est réservée au marché chinois.

Huawei s'est aussi laissé aller à plusieurs reprises à des comparaisons favorables par rapport aux appareils vedettes du marché, les Galaxy S5 de Samsung et l'iPhone 5s d'Apple. Elle a mis en avant l'autonomie, la qualité de ses capteurs en faible luminosité, l'APN frontal (8 mégapixels contre moins de 2 à ses rivaux) ou encore la fonction Ultra snapshot capable de prendre une photo en moins de 1,2 seconde.

Un prix attractif

L'Ascend P7 ne régatera cependant pas dans la même catégorie que les modèles vedettes haut de gamme. Il n'a pas les dernières fonctions de ses rivaux comme la lecture d'empreintes ou la résistance à l'eau par exemple. Mais son prix, inférieur à 500 fr, devrait par contre être très attractif pour les clients qui ne sont pas à l'affût des dernières fonctionnalités logicielles. Le fabricant pourrait notamment profiter de la croissance des ventes d'appareils non subventionnés. Il lui reste cependant encore à combler un déficit de notoriété, notamment en Europe, et cela malgré une forte implantation en tant que numéro deux mondial des équipements de télécoms.

Notoriété à gagner

Pour ce faire, Huawei a commencé à sponsoriser le football européen (Milan, Arsenal, PSG, Borussia Dortmund) alors qu'un budget de 300 millions de dollars est prévu cette année pour son marketing global. Les ventes des appareils Huawei sont jusqu'ici restées en-deçà des attentes. Seuls 4 millions d'exemplaires du modèle phare précédent, l'Ascend P6, ont trouvé preneurs. Le fabricant n'a en plus pas divulgué la part européenne qui devrait être très faible par rapport au marché chinois. A titre de comparaison, Samsung a écoulé, durant à peu près la même période, 57 millions de Galaxy S4.

Du monde au portillon

Huawei n'a pas encore atteint le rythme de croisière escompté. En 2012, il espérait vendre 60 millions d'unités, chiffre qu'il ne devrait obtenir qu'en 2014. Numéro 3 dans les smartphones (5% de parts de marché), il devrait perdre sa place durant l'année aux dépens de son compatriote Lenovo, à la suite de la validation attendue du rachat de l'Américain Motorola. D'autres fabricants chinois ont également les dents longues, à l'exemple de la firme Xiaomi du «Steve Jobs chinois» Lei Jun. Mais le dernier modèle qui a créé véritablement l'événement est le One de OnePlus, des ex-salariés d'Oppo, un autre constructeur de l'Empire du milieu. Présenté il y a quinze jours, le modèle haut de gamme avait conquis les geeks. Il tourne sur CyanogenMod, une mouture très personnalisable de la version KitKat d'Android. Il devrait être commercialisé d'ici la fin juin pour un prix dépassant à peine les 300 fr.

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