La fiscalité et l'écologie au centre des débats du PDC et du PRD
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La fiscalité et l'écologie au centre des débats du PDC et du PRD

Radicaux et démocrates-chrétiens ont tenu leurs assemblées samedi.

Les premiers ont empoigné la question fiscale et les seconds, l'écologie. La caisse unique, massivement rejetée, n'a pas trouvé grâce aux yeux des délégués des deux partis.

L'impôt fédéral direct (IFD) est dans la ligne de mire des radicaux, réunis à Genève vendredi et samedi. Contre l'avis du comité-directeur et du conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, 60% des délégués ont soutenu la proposition de supprimer l'IFD au profit de l'imposition des flux et marchandises (TVA, taxes écologiques, etc).

Cette proposition est apparue chez les radicaux genevois la semaine dernière dans le sillage du débat sur le forfait fiscal. Celui-ci s'est poursuivi lors de l'assemblée. Le chef du Département fédéral des finances s'est étonné des attaques visant les forfaits fiscaux accordés aux riches étrangers qui viennent s'établir en Suisse.

Il ne s'agit pas d'une particularité helvétique, a souligné M. Merz. Ces forfaits existent aussi à l'étranger. L'OCDE n'a jamais remis en question ce type d'imposition des personnes physiques, a-t-il encore rappelé.

Surréglementation

M. Merz ne considère pas la concurrence fiscale entre les cantons comme source de problèmes. Les cantons «ne se livrent pas à une course ruineuse aux baisses d'impôts», a-t-il souligné. Nulle part en Suisse, les infrastructures et les tâches fiscales ne sont délaissées.

Le conseiller aux Etats radical Rolf Schweiger s'en est pris à la surréglementation qui touche la Suisse. «Notre droit est devenu tellement parfait qu'il commence à devenir paralysant.» L'élu zougois estime qu'il convient «de réduire radicalement le nombre des procédures d'autorisation et de contrôle».

La caisse encaisse

Vendredi déjà, en présence du conseiller fédéral Pascal Couchepin, les délégués radicaux et les délégués libéraux réunis pour la première fois ensemble ont défini leur mot d'ordre pour la votation fédérale du 11 mars: ils ont balayé massivement l'incitative sur la caisse unique de la gauche.

Réunis à Sursee (LU), les délégués du PDC ont fait de même samedi, en se ralliant sans hésitation aux arguments de la conseillère fédérale Doris Leuthard venue défendre le «non». Pour freiner la hausse des coûts de la santé, il faut augmenter la concurrence à l'intérieur du système de santé et non la supprimer, a-t-elle dit.

Mesures énergiques

Les démocrates-chrétiens ont aussi adopté leur programme pour les élections fédérales d'octobre. Seul le chapitre consacré à la protection de l'environnement a donné lieu à des discussions.

Contrairement à ce que souhaitait la direction du parti, les délégués ont décidé de renoncer à l'interdiction des chauffages à mazout dans les nouvelles constructions. Pour garantir l'approvisionnement électrique, les délégués ont accepté de miser sur l'énergie nucléaire.

«Si nous pouvons, sans modifier notre confort et sans payer plus cher, respecter notre environnement, nous devons le faire», a dit le président du parti Christophe Darbellay.

Les taxes incitatives et les mesures volontaires ne suffisent plus, a constaté le conseiller national valaisan. Selon lui, il faut imposer des standards techniques à faible consommation d'énergie et interdire les techniques trop polluantes.

Minergie obligatoire

D'ici à 2020, le PDC souhaite que la Suisse augmente de 10 % la part de production électrique provenant d'énergies renouvelables. Les démocrates-chrétiens veulent interdire l'importation de véhicules trop polluants et améliorer l'efficacité énergétique en rendant la norme Minergie obligatoire d'ici 2012.

Dans les autres chapitres de son «contrat électoral», le PDC promet aux familles de réduire leurs charges. Il milite pour la conciliation de la famille et de la profession. Mais on ne retrouve pas trace du congé paternité prôné dernièrement par Doris Leuthard.

(ats)

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