Relations Suisse-Italie: La fiscalité, un point qui fâche Berne et Rome
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Relations Suisse-ItalieLa fiscalité, un point qui fâche Berne et Rome

Les problèmes fiscaux entre la Suisse et l'Italie ont figuré au centre des entretiens que Micheline Calmy-Rey a eus avec son homologue transalpin Franco Frattini jeudi à Berne.

Micheline Calmy-Rey s'est entretenue avec le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Micheline Calmy-Rey s'est entretenue avec le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Selon l'agence suisse ATS, Mme Calmy-Rey qui occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères, a reconnu que les questions fiscales qui entachent les relations entre Rome et Berne depuis 2009 constituaient «une véritable difficulté», à l'issue d'un entretien avec le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Elle a énuméré les points d'achoppement, dénonçant le blocage des négociations sur un accord de double imposition entre les deux pays, l'inscription de la Confédération sur la «liste noire» italienne des paradis fiscaux ainsi que les «mesures discriminatoires» prises contre les entreprises suisses en Italie.

Un petit problème

M. Frattini a de son côté, selon l'ATS, reconnu «des incompréhensions», mais a voulu relativiser la portée du différend. Il s'agit d'un «petit problème» et il faut «éviter qu'il ne devienne un grand problème», a-t-il expliqué.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères explique laconiquement que «concernant les questions fiscales en suspens», les deux pays doivent «poursuivre les discussions en vue de trouver une solution dans l'intérêt des deux parties».

Opération coup de poing

La Suisse a interrompu les négociations sur l'accord de double imposition avec l'Italie en novembre 2009 en réaction à une opération coup de poing du fisc italien contre des banques helvétiques sur son territoire, dans le Tessin (sud).

Le gouvernement Berlusconi a de fait intensifié la lutte contre l'évasion fiscale et multiplié les contrôles afin notamment d'augmenter les recettes de l'Etat, très endetté.

Il a parallèlement mis en place une amnistie fiscale qui a permis jusqu'à la fin avril 2010 aux Italiens ayant cacher des biens à l'étranger (notamment en Suisse) de les régulariser en échange du paiement d'une amende.

Cette amnistie s'est traduite pour les banques helvétiques frontalières par un important manque à gagner : selon la presse suisse, les actifs sous gestion de la place financière tessinoise s'élevaient en 2008 à quelque 400 milliards de francs suisses, dont 300 milliards en provenance des activités frontalières avec l'Italie. (afp)

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