Actualisé 08.05.2008 à 11:17

La flamme olympique au sommet de l'Everest

A trois mois des Jeux olympiques à Pékin, les Tibétains en exil en Inde ont annoncé jeudi la reprise prochaine de leurs négociations officielles avec la Chine. Quelques heures auparavant, la flamme olympique a été hissée au sommet de l'Everest.

Des émissaires du dalaï lama et des représentants chinois qui se sont vus dimanche dans le sud de la Chine, sont tombés d'accord sur le principe d'une relance du dialogue officiel, a indiqué l'un des représentants tibétains, Lodi Gyari, depuis Dharamsala, au nord de l'Inde, où le dalaï lama vit réfugié depuis 1959.

«Malgré des divergences fondamentales sur des questions importantes (...), chaque camp a fait des propositions concrètes qui pourraient être inscrites au menu de futures discussions», a expliqué l'émissaire. Une date doit être fixée après de nouvelles consultations, a-t-il précisé.

«Mauvaise politique»

Lors de l'entrevue de dimanche, les émissaires tibétains ont «appelé à la libération des prisonniers et à ce que les personnes blessées soient bien soignées».

«Nous avons aussi demandé la fin de la campagne de 'rééducation patriotique' (par la Chine au Tibet) très mal vécue par le peuple tibétain», selon M. Gyari. Car les évènements au Tibet, a-t-il dit, «sont la conséquence inacceptable d'une mauvaise politique des autorités (chinoises) à l'égard des Tibétains depuis des décennies».

Pékin a accusé le dalaï lama et «sa clique» d'avoir fomenté les émeutes pour saboter les Jeux olympiques (JO). Ce dernier a balayé ces accusations estimant même que la Chine «superpuissance et vieille nation méritait ses Jeux».

Dialogue initié en 2002

Pékin avait proposé fin avril de rouvrir le dialogue - il existe depuis 2002, mais s'était «durci» en 2006, selon le dalaï lama - avec des représentants du chef des Tibétains en exil, après une vague de manifestations dans le monde contre la «répression» chinoise au Tibet qui ont perturbé le parcours de la flamme olympique et terni l'image du régime avant les JO.

Au moins 203 personnes ont été tuées dans les émeutes au Tibet «réprimées» par la Chine, ont affirmé les Tibétains en exil. Ils ont aussi indiqué que 5175 autres personnes ont été arrêtées depuis qu'a commencé le 10 mars un mouvement antichinois à Lhassa, capitale du Tibet. Pékin a accusé des «émeutiers» tibétains d'avoir tué 18 civils et deux policiers.

Le dalaï lama affirme ne pas revendiquer l'indépendance mais une simple autonomie pour son pays qu'il a fui en 1959 ans après l'échec d'un soulèvement contre Pékin. Il redoute d'être débordé par une jeune garde de 100 00 exilés amers et indépendantistes, dont la plupart n'ont jamais mis les pieds au Tibet.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, par - 30 °, une équipe d'alpinistes a hissé la flamme olympique au sommet de l'Everest, à 8848 mètres d'altitude.

Initiative «politique»

La télévision d'Etat chinoise a diffusé les images de la cordée arrivant sur le Toit du monde. «Longue vie au Tibet !», «Longue vie à la Chine !», ont crié les alpinistes, en déployant le drapeau national chinois, le drapeau olympique et un drapeau portant le logo des JO de Pékin.

Sur les 31 membres de la cordée, 22 sont tibétains, huit appartiennent à l'ethnie chinoise majoritaire Han et le dernier à la minorité Tujia. «Toutes les ethnies de la région autonome du Tibet sont très fières», a déclaré Wu Yingjie, vice-président exécutif de la région.

Des militants pro-tibétains ont condamné cette expédition. «La conquête de l'Everest par Pékin est une initiative politique visant à réaffirmer le contrôle de la Chine sur le Tibet», a déclaré Tenzin Dorjee, vice-directeur du mouvement des Etudiants pour un Tibet libre.

Pour éviter toute manifestation de militants pro-tibétains, la Chine avait interdit toute autre expédition, comme au Népal voisin, où le versant sud avait été fermé. Juste après l'ascension réussie, le Népal a d'ailleurs annoncé la levée de l'interdiction. (ap)

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