Euro 2016: La flexibilité finit par l'emporter
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Euro 2016La flexibilité finit par l'emporter

Il faut savoir s'adapter pour gagner. Didier Deschamps et Joachim Löw le savent mieux que quiconque.

par
Robin Carrel
Marseille
Jogi Löw (à gauche) et Didier Deschamps s'étaient affrontés en quart de finale du dernier Mondial, au Brésil. Le premier l'avait emporté.

Jogi Löw (à gauche) et Didier Deschamps s'étaient affrontés en quart de finale du dernier Mondial, au Brésil. Le premier l'avait emporté.

photo: Keystone/AP/Martin Meissner

Certaines personnes sont nées sous une bonne étoile. Tout ce qu'ils touchent se transforme en or. Souvent sous la forme d'un trophée doré ou argenté, dès qu'il s'agit de football. Les sélectionneurs de la France et de l'Allemagne, qui s'affrontent jeudi soir au Stade Vélodrome de Marseille, sont de cette race. Cette rencontre opposera deux styles bien différents dans la forme, mais pas si éloignés dans le fond.

Car pour s'imposer dans le football moderne, la nécessité impérieuse est de savoir s'adapter. S'adapter à son groupe, aux éléments, aux évolutions du sport moderne et même à l'adversaire. On ne peut plus, aujourd'hui, avoir une seule et même tactique et vouloir l'imposer coûte que coûte, quelle que soit l'opposition. Deschamps et Löw sont passés maîtres dans ce domaine.

L'Allemagne a gagné, à la fin

On croyait que le schéma de jeu de l'Allemagne était inamovible? On pensait la Mannschaft sûre d'elle au point de jouer tout le tournoi dans son 4-2-3-1 qui lui a permis de récolter tant de lauriers? C'était mal connaître leur coach, qui se méfiait comme de la peste de l'Italie en quart de finale. Löw a aligné son équipe en 3-5-2 et les Transalpins ne se sont quasiment jamais montrés dangereux. Au final, ç'a été long, ç'a été dur, mais les Allemands ont gagné.

Deschamps, lui, a toujours été un grand pragmatique. L'homme qui a réussi à faire gagner des titres à un Olympique de Marseille sevré de consécrations depuis 1993 sait s'adapter à ses effectifs avec un seul objectif: gagner. Il a débuté la compétition en 4-3-3, est passé en 4-2-3-1 contre l'Albanie et fait actuellement avec une sorte de 4-4-2. Il a vu que l'association Olivier Giroud - Antoine Griezmann dans l'axe était sans doute sa meilleure carte pour remporter le tournoi, alors il a modifié son équipe en fonction de cela.

«Je m'adapte»

Réputé pour être un coach pragmatique et défensif, «DD» a changé son fusil d'épaule en constatant le talent dont disposaient les Bleus actuels. «Je l'ai toujours dit, les certitudes sont balayées du jour au lendemain dans ce sport, a confirmé Deschamps mercredi. J'ai des convictions et je vais au bout de celles-ci. Si on doit changer, je m'adapte. On va jouer avec nos qualités. On a cette force offensive de pouvoir marquer et se créer des occasions avec des joueurs de profil différent. C'est quelque chose d'intéressant pour moi». De nouveau, aussi.

Cette capacité d'évolution tranche avec certains entraîneurs éliminés depuis belle lurette. Marc Wilmots n'a rien changé entre la défaite de la Belgique contre l'Italie et l'élimination terrible contre le Pays de Galles. A chaque fois, la défense à trois centraux de ses opposants a été une équation insoluble pour les siens. Roy Hodgson lui aussi n'a jamais osé dérogé à ses principes tactiques, se contentant de changer les hommes. Tous deux se sont enfermés dans leurs certitudes et ont été éliminés sans gloire. Soit on s'adapte, soit on disparaît.

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