Climat: La fonte des glaces des deux pôles s'accélère
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ClimatLa fonte des glaces des deux pôles s'accélère

La fonte des glaces des pôles nord et sud s'accélère et elle entraîne une montée du niveau des mers.

L'étude, publiée dans le cadre de l'Année polaire internationale, révèle que le réchauffement en Antarctique est "beaucoup plus étendu que prévu", tandis que les glaces arctiques diminuent et que la fonte de la calotte du Groenland s'accélère.

Les eaux océaniques autour de l'Antarctique se sont réchauffées plus rapidement que la moyenne mondiale, selon les conclusions de l'étude "Etat de la recherche polaire", présentée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Conseil international pour la science (CIUS).

Réunis à Genève, les scientifiques ont dressé le bilan de l'Année polaire internationale, lancée en mars 2007. Elle a réuni des milliers de scientifiques de plus de 60 pays pendant deux ans et s'achève le mois prochain. Elle a bénéficié d'un financement d'1,2 milliard de dollars pour toute la période.

Hausse du niveau des mers

"Ces changements ont des conséquences pour la planète entière. En particulier, la hausse du niveau des mers, actuellement de trois millimètres par an, affectera des centaines de millions de personnes dans les régions côtières", a déclaré Dave Carlson, directeur du programme de l'Année polaire internationale.

"La hausse du niveau de la mer aggrave les conséquences des tempêtes dans les régions côtières et accentue aussi la fréquence de ces phénomènes extrêmes", a expliqué Ian Allison, co-président du comité de l'Année polaire internationale.

Le spécialiste a précisé qu'il existe une grande variété de projections pour la hausse du niveau des mers ces prochaines années. Elles vont de 20 centimètres à 90 centimètres d'ici la fin du siècle. Les recherches devront se poursuivre pour parvenir à des observations plus précises.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec) tablait initialement sur une élévation du niveau des mers de 18 à 59 cm d'ici 2100, mais avait renoncé à donner une fourchette haute dans son dernier rapport en 2007 faute de données fiables.

La fonte de la neige et la glace a des répercussions sur les moyens de subsistance des populations de l'Arctique, sur la flore et la faune locales ainsi que sur la circulation océanique et atmosphérique et le niveau de la mer, souligne l'étude.

Rythme plus rapide

Il apparaît désormais clairement que les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique perdent de leur masse. L'Antarctique connaît un réchauffement bien plus généralisé qu'on ne le croyait et il s'avère que le rythme de disparition de la glace s'accélère au Groenland.

Les chercheurs ont également découvert que, lors des étés de 2007 et de 2008, l'étendue de la banquise permanente de l'Arctique a atteint un minimum record depuis le début des observations par satellite, il y a 30 ans.

Les expéditions organisées ces deux dernières années ont aussi mis en évidence une vitesse de dérive des glaces sans précédent dans le bassin de l'Arctique. On a assisté à une modification, sous l'effet du réchauffement climatique, des types de végétation et de l'aire de répartition des espèces végétales dans l'Arctique.

Gaz à effet de serre

Les chercheurs ont aussi découvert de grands réservoirs de carbone stocké sous forme de méthane dans le sol gelé. Or la fonte de ce dernier risque de libérer dans l'atmosphère le méthane, qui est un gaz à effet de serre accentuant le réchauffement.

"La coopération internationale pour les activités menées dans les régions polaires doit être considérée comme prioritaire ces prochaines décennies", a souligné le secrétaire général de l'OMM Michel Jarraud. (ats)

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