Meutres de Magnanville: La France à nouveau frappée par un acte djihadiste
Actualisé

Meutres de MagnanvilleLa France à nouveau frappée par un acte djihadiste

L'acte terroriste à Magnanville intervient en plein l'Euro de football.

1 / 32
Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi matin. L'enquête doit déterminer s'ils ont pu renseigner le tueur Larossi Abballa sur ses futures victimes. (12 février 2019)

Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi matin. L'enquête doit déterminer s'ils ont pu renseigner le tueur Larossi Abballa sur ses futures victimes. (12 février 2019)

kein Anbieter
Six personnes, dont une policière et sa fille «radicalisée», ont été placées en garde à vue. Lundi 9 avril 2018)

Six personnes, dont une policière et sa fille «radicalisée», ont été placées en garde à vue. Lundi 9 avril 2018)

Keystone
Un maire lors de l'hommage à Mantes-la-Jolie. (Mardi 21 juin 2016)

Un maire lors de l'hommage à Mantes-la-Jolie. (Mardi 21 juin 2016)

AFP

La France a été à nouveau frappée par une attaque djihadiste, avec l'assassinat lundi soir d'un policier et de sa compagne près de Paris, revendiqué par un homme qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) et appelé à faire de l'Euro «un cimetière».

Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l'assaut du Raid, le meurtrier Larossi Abballa, 25 ans, a promis «d'autres surprises» pendant l'Euro de football que la France accueille jusqu'au 10 juillet.

«C'est un acte incontestablement terroriste», a affirmé mardi matin François Hollande. «Un cap dans l'horreur a été franchi», a insisté Manuel Valls.

Entretien téléphonique Hollande-Obama

Les présidents François Hollande et Barack Obama sont convenus mardi soir lors d'un entretien téléphonique, d'«augmenter encore la coopération» entre les services français et américains face à une «menace» djihadiste, qui «évolue en permanence», a indiqué l'Elysée. L'entretien a eu lieu «après la tuerie homophobe d'Orlando et le double meurtre» du policier et sa compagne, revendiqués par le groupe Etat islamique, précise l'Elysée.

Les deux dirigeants «ont réaffirmé leur engagement commun à détruire l'EI», a indiqué pour sa part la Maison Blanche dans un communiqué.

Larossi Abballa a choisi pour cible Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines. Abballa, qui a affirmé avoir prêté allégeance à l'EI et à son chef il y a trois semaines savait que la victime était un policier, a précisé le procureur de Paris François Molins.

Assassinats terroristes

Aux négociateurs du Raid, il a expliqué «avoir répondu à un communiqué» du chef du groupe djihadiste, Abou Bakr al-Baghdadi qui demandait de «tuer des mécréants, chez eux avec leur famille», a ajouté François Molins. Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête en flagrance, notamment pour assassinats terroristes sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

Le porte-parole officiel de l'EI, le Syrien Abou Mohammed Al-Adnani, ne cesse d'exhorter ses partisans à passer à l'action dans leurs pays d'origine contre les policiers et les militaires des pays de la coalition engagée dans la lutte contre cette organisation, en Syrie et en Irak. Le 22 mai, il a appelé dans un message à commettre des assassinats pendant le mois du ramadan, qui a commencé début juin.

Lundi peu après 20H00, Abballa a tué à coups de couteau le policier devant son pavillon de Magnanville, dans les Yvelines. Il a ensuite séquestré sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat voisin de Mantes-la-Jolie, qu'il a égorgée, et leur petit garçon de trois ans et demi, retrouvé «en état de sidération» et qui a été hospitalisé.

Pupille de la Nation

Ce garçonnet sera reconnu pupille de la Nation, a déclaré François Hollande, tout comme un enfant que le policier avait eu d'une autre union.

Abballa a revendiqué son acte sur Twitter et Facebook dans une vidéo filmée depuis la maison des victimes et diffusée mardi en fin d'après-midi par l'agence Amaq liée au groupe Etat Islamique.

«On vous réserve d'autres surprises pour l'Euro, je ne vous en dis pas plus. L'Euro sera un cimetière», promet-il dans cette vidéo, visionnée par l'AFP. Il y enjoint également «à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs».

Les enquêteurs ont saisi dans le pavillon des victimes «une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions ainsi que trois couteaux dont un »ensanglanté«, selon François Molins.

Condamné en 2013

Ce double meurtre a été mené sept mois jour pour jour après les attentats les plus meurtriers jamais commis en France, qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

L'homme, originaire de Mantes-la-Jolie, avait un passé dans l'islamisme radical. Il avait notamment été condamné en 2013 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour participation à une filière djihadiste, vers le Pakistan. Pendant son incarcération, il s'était »livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical«, a détaillé François Molins.

Son nom était ensuite apparu cette année dans une enquête sur une filière de départ vers la Syrie. Mais celle-ci n'avait pas permis »de déceler la préparation d'un passage à l'acte violent«, a assuré le procureur.

Le gouvernement a fermé la porte aux mesures d'exception réclamées par la droite, telles l'enfermement de personnes radicalisées. »On est dans un Etat de droit, on ne peut pas procéder sans preuve à l'incarcération d'un individu qui n'a commis aucun crime«, a insisté Bernard Cazeneuve mardi soir sur France 2.

Humanité

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont été placées en garde à vue. Deux d'entre eux avaient été condamnés avec Abballa en 2013 dans l'affaire de la filière pakistanaise.

A l'Assemblée, Bernard Cazeneuve a appelé ceux qui s'attaquent aux policiers «à retrouver un peu au fond d'eux-mêmes d'humanité, de tolérance, de respect, simplement en respect de ceux tombés hier et en respect de ce petit enfant», sous des applaudissements nourris.

Mardi après-midi, 29 policiers ont été blessés lors de la manifestation parisienne contre la loi travail, où des manifestants ont scandé »tout le monde déteste la police«.

«Nos collègues pensaient qu'ils étaient à l'abri chez eux. Aujourd'hui, on est au bout du rouleau, on est tués. Les 140'000 policiers de France sont tristes, atterrés», a réagi le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, Yves Lefebvre.

A la sortie d'un entretien avec le ministre, les syndicats de policiers ont annoncé avoir obtenu la prolongation - au-delà de l'état d'urgence en vigueur jusqu'au 26 juillet - de l'autorisation d'être armés, y compris hors service. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion