Guerre au Mali: La France change d'ambassadeur au Mali
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Guerre au MaliLa France change d'ambassadeur au Mali

La France a nommé jeudi Gilles Huberson, directeur d'une cellule spéciale consacrée au Mali et au Sahel, au poste d'ambassadeur de France à Bamako, après le rappel de Christian Rouyer.

«Dans le cadre d'un mouvement concernant plusieurs postes africains, la nomination de Gilles Huberson comme ambassadeur a été proposée aux autorités maliennes», a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot, sans donner les raisons du retour prématuré en France de Christian Rouyer.

Mort d'une dizaine d'islamistes

«Une dizaine» de combattants islamistes ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi à Tombouctou par «les forces françaises et maliennes», a indiqué jeudi l'état-major des armées. Ces heurts se sont produits lors d'une tentative d'intrusion de jihadistes dans l'aéroport de cette ville du Nord du Mali.

Selon le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français à Paris, les troupes locales et le contingent français ont déjoué dans la nuit une tentative d'infiltration dans l'enceinte de l'aéroport qui a commencé par l'explosion d'un véhicule suicide malien. Un militaire malien a été tué et deux autres ont été «très légèrement blessés», a ajouté le haut gradé.

Au total, «une dizaine de terroristes ont été neutralisés dans cette attaque qui n'a pas fait de victime côté français», a-t-il précisé.

Un responsable militaire français au Mali avait déclaré peu auparavant sous le couvert de l'anonymat que des forces aériennes et terrestres françaises étaient intervenues en renfort dans la nuit pour repousser l'attaque. «Ils étaient environ 30 assaillants (...) Cela a pris un moment mais le résultat est positif», a déclaré ce responsable.

Le président François Hollande a déclaré mercredi que la quasi-totalité du territoire malien serait libéré d'ici «quelques jours» des groupes islamistes qui mettent en danger l'intégrité de son territoire. Mais l'attentat de Tombouctou pourrait forcer Paris à revoir son calendrier.

Ansar Dine sur la liste antiterroriste américaine

Les Etats-Unis ont ajouté jeudi à leur liste antiterroriste le mouvement islamiste du Nord-Mali, Ansar Dine, dont le chef rebelle touareg Iyad Ag Ghali avait déjà été inscrit sur cette liste noire fin février pour ses liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

«Le département d'Etat a désigné Ansar al-Dine (AAD) comme une organisation terroriste étrangère», a annoncé la diplomatie américaine dans un communiqué.

Conformément à la procédure habituelle en la matière, cette inscription sur la liste antiterroriste américaine déclenche une interdiction faite à tout individu de «fournir en connaissance de cause un appui matériel ou des ressources à AAD».

Les avoirs de AAD aux Etats-Unis sont également gelés et les ressortissants américains n'ont pas le droit de faire de transactions avec cette organisation, selon le département d'Etat.

Washington rappelle que Ansar Dine est une «organisation agissant au Mali et qui coopère étroitement avec Al-Qaïda au Maghreb islamique», Aqmi, elle-même classée par les Etats-Unis comme une organisation terroriste étrangère.

Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) milite pour l'instauration de la charia au Mali. Avec Aqmi, ils ont occupé Tombouctou pendant dix mois, ont commis dans le Nord de très nombreuses exactions, au nom d'une interprétation rigoriste de l'islam: amputations, coups de fouets aux couples «illégitimes», aux fumeurs...

Ils ont imposé le port du voile intégral aux femmes, interdit la mixité dans les écoles, interdit le football, la danse, la musique et l'alcool. (afp)

L'ONU crée un mandat d'expert indépendant

L'ONU a créé jeudi un mandat d'expert indépendant sur la situation des droits de l'homme au Mali dans une résolution adoptée par consensus par le Conseil des droits de l'homme. Les autorités du Mali sont invitées à organiser au plus tôt des élections libres et transparentes.

Le texte condamne «les exactions et abus commis en République du Mali, en particulier dans sa partie nord, notamment par les rebelles, les groupes terroristes et les autres réseaux de criminalité transnationale organisée, y compris les violences faites aux femmes et aux enfants, les exécutions sommaires, les prises d'otages, les pillages, la destruction des sites culturels et religieux et le recrutement d'enfants soldats».

La résolution salue les démarches entreprises par le gouvernement du Mali en vue de traduire en justice les auteurs de tels actes, en particulier la signature le 13 février d'un accord de coopération judiciaire avec la Cour pénale internationale (CPI).

Le texte demande à toutes les forces et tous les groupes armés présents sur le terrain de veiller au strict respect du droit international. Il appelle le gouvernement du Mali à garantir la liberté d'expression et l'invite à organiser au plus tôt des élections libres et transparentes en vue de créer les conditions d'une réconciliation durable et inclusive.

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