Actualisé 05.08.2016 à 11:20

TerrorismeLa France doit s'attendre à une année «épouvantable»

L'ex-juge antiterroriste Marc Trévidic craint que Daech profite de la période précédant les élections présidentielles pour frapper encore plus durement le pays.

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joc

Le juge Marc Trévidic ne cache pas son inquiétude quant au futur proche de la France. L'ancien vice-président chargé de l'instruction au pôle antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris s'est confié à la télévision belge RTBF. Il redoute que la période qui précédera les élections présidentielles de 2017 ne vire au cauchemar pour le pays: «L'année va être épouvantable (...) La tentation pour l'organisation terroriste Etat islamique va être très grande de s'en prendre au pays. On est dans une guerre en temps de paix. C'est le principe de l'attentat terroriste», explique le juge. Marc Trévidic espère cependant qu'à moyen terme, il y aura «un essoufflement suite au degré de l'horreur». «Ce n'est pas exclu», estime-t-il.

Lors de cette interview, l'ex-juge antiterroriste est également revenu sur le profil d'Adel K., l'un des deux terroristes de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, qu'il a rencontré lors d'une garde à vue. A deux reprises, le jeune homme avait voulu partir faire le jihad. «Il était en contact avec beaucoup de jeunes filles plus jeunes pour qu'elles partent avec lui en Syrie. Elles n'avaient que 14, 15 ou 16 ans maximum. Donc, il était dans l'immaturité la plus totale», raconte l'ancien juge. Celui-ci se souvient qu'Adel K. voulait à tout prix partir combattre dans les rangs de l'EI. «Il avait dans ses yeux la petite lueur qui fait qu'on détecte qu'il ne reviendra pas en arrière», décrit-il.

En France, la loi stipule qu'après dix ans, un juge d'instruction spécialisé doit changer de poste. C'est frustré et déçu que Marc Trévidic a quitté l'antiterrorisme. En mars 2016, Adel K. a été placé sous surveillance électronique, contre l'avis du parquet. «Chaque juge est libre de ses décisions. Je dis quand même qu'il faut de nombreuses années pour commencer à voir et à repérer ceux qui sont dans la dissimulation des autres. Il y a des gens qui m'ont fait froid dans le dos. Une minorité mais il y en a cinq ou six qui m'inquiètent», explique le magistrat.

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