Actualisé 26.04.2016 à 05:45

SnowboardLa France le laisse tomber, il se voit en rouge et blanc

Boris Mouton (19 ans), rider réunionnais, rêve de représenter la Suisse aux JO d'hiver. Mais son passeport n'arrive pas.

de
Oliver Dufour

A l'âge de 9 ans, Boris Mouton débarque avec ses parents en Valais en provenance de son île natale. Très vite, celui qui avait découvert le surf et le skate à La Réunion est contaminé par le virus du snowboard.

Les progrès sont rapides. Le Français devient pro à l'âge de 17 ans et commence à laisser son empreinte dans le milieu. La semaine dernière, il a remporté les championnats de Suisse de slopestyle à Silvaplana (GR), au nez et à la barbe des riders locaux. Il y a aussi fini 4e en Big Air. Le voilà qui voudrait désormais porter les couleurs de la Suisse lors des Jeux de Pyeongchang en 2018. Et pourquoi pas la France?

«La fédération française n'a jamais rien fait pour moi, elle m'a même plutôt mis des bâtons dans les roues», estime Boris Mouton. «C'est tout pour le ski, voire le boardercross, mais sinon l'encadrement n'est pas bon. Et je n'ai jamais vécu en France, mais dans un DOM-TOM.» La Suisse s'est du reste imposée comme un choix de cœur logique. «Swiss-Ski a toujours été là pour moi. Je m'entraîne avec les Suisses et j'ai envie de leur rendre quelque chose, contrairement à la France», déclare le résident de Gryon (VD), qui a récemment lancé une websérie en plusieurs épisodes sur la plateforme Viméo, «Living Bob», racontant les aventures de Bob, un snowboarder lambda «qui peut représenter tout le monde» (voir vidéos ci-jointes).

Mais le temps presse. Voilà deux ans que le jeune homme a fait sa demande de naturalisation, qu'il attend toujours. «Je ne sais pas pourquoi ça dure. Mais si je veux concourir pour la Suisse aux Jeux, il faut que j'entame la prochaine saison sous licence helvétique, sinon je serai bloqué. Et je n'ai pas envie de régresser.» S'il participe à une seule épreuve qualificative sous licence tricolore, il sera contraint de se rendre en Corée du Sud sous l'étendard de sa patrie d'origine. «Mais à la fédération suisse ils m'ont dit qu'ils allaient m'aider à faire avancer le dossier. Leur structure et leur encadrement sont vraiment géniaux.»

Proche d'Estelle Balet

La semaine dernière, c'est de façon brutale que Boris Mouton a appris le décès dans une avalanche de la freerideuse valaisanne Estelle Balet, qu'il connaissait bien. «J'en ai entendu parler juste après les qualifications du slopestyle. J'ai bien sûr versé quelques larmes. On a pas mal ridé ensemble et on se fréquentait pas mal. Du coup je me suis dit que j'allais rider pour elle.» En s'imposant dans l'épreuve nationale, le Réunionnais a pu rendre hommage à la jeune disparue. «C'était une bonne façon d'évacuer un peu le chagrin. Ca m'a fait bizarre qu'elle parte comme ça, de me dire que je ne vais plus la revoir.»

Twitter, @Oliver_Dufour

Living Bob Season 1 Ep.3 Laax-Ale Invite-Frostgun from Boris Mouton on Vimeo.

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