Union européenne – La France prend la présidence de l’UE: une aubaine pour Macron?
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Union européenneLa France prend la présidence de l’UE: une aubaine pour Macron?

À trois mois de la présidentielle, la France prend les rênes temporaires de l’Union Européenne, ce qui se traduit comme un potentiel tremplin pour le président français.

Le président français Emmanuel Macron aura du pain sur la planche en 2022.

Le président français Emmanuel Macron aura du pain sur la planche en 2022.

AFP

La France prend samedi la présidence tournante de l’Union européenne en pleine tourmente, de la déferlante Omicron aux bruits de bottes russes aux portes de l’Ukraine, un potentiel tremplin pour Emmanuel Macron vers la présidentielle.

«Cette présidence lui offre une plateforme bienvenue pour mettre en avant son bilan européen, se distinguer de certains de ses concurrents et porter de nouvelles revendications, de nouvelles idées», résume Claire Demesmay, chercheuse au centre franco-allemand Marc-Bloch à Berlin.

Agenda ambitieux

À compter du 1er janvier, la France, succédant à la Slovénie, préside pour six mois le Conseil de l’Union européenne qui représente les intérêts des 27 États-membres face à la Commission et au Parlement européens.

Elle va devoir jouer de son influence pour faire avancer certains sujets et dégager des compromis à 27 même si cet exercice d’«honnête courtier», très encadré, lui interdit d’être à la fois juge et partie.

Les ministres français présideront concrètement les réunions de leurs homologues européens dans leur domaine de compétence (agriculture, santé, intérieur…)

Il s’agit là de la 13e présidence semestrielle tournante exercée par la France depuis 1958 et la première depuis 2008.

Elle va aussi se télescoper avec le scrutin présidentiel des 10 et 24 avril et les législatives de juin en France. Un scénario déjà vécu en 1995, à quelques nuances près. François Mitterrand tirait alors sa révérence après deux mandats – Jacques Chirac lui succédera en mai – là où Emmanuel Macron sera très probablement candidat à sa réélection.

«La France aura (de facto) une période très courte pour la présidence – et un agenda très ambitieux. Trois mois, c’est très, très bref. Ça va être très sportif», observe Claire Demesmay.

Projet: être les plus puissants

Emmanuel Macron, déjà élu en 2017 sur un programme proeuropéen, a fixé comme objectif de la «PFUE» (présidence française de l’UE selon un sigle raccourci) de rendre «l’Europe puissante dans le monde».

«Il ne peut pas arriver au premier tour, le 10 avril, sans avoir obtenu quelques résultats de sa présidence européenne. Il s’agit d’une difficulté pour lui, mais ce peut être aussi une vraie chance», estime Sébastien Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors à Paris.

La future présidence française a mis en avant trois priorités – des salaires minimum dans toute l’UE, la régulation des géants du numérique et une taxe carbone aux frontières – sur lesquelles elle peut espérer des résultats.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement informel des 10 et 11 mars en France, qui doit aborder la réforme du pacte de stabilité et de croissance, un thème cher à la France, peut aussi s’avérer «un coup de maître politique», relève Sébastien Maillard.

«Faire une démonstration de force de son leadership européen, entouré de ses homologues à un mois du premier tour, ça peut conforter sa stature», note-t-il.

(AFP)

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