Sida: La France réfléchit aux autotests
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SidaLa France réfléchit aux autotests

L'Hexagone songe à commercialiser des autotests de dépistage du virus du sida, non encore autorisés dans l'Union européenne mais disponibles aux Etats-Unis depuis 1996.

A partir d'un simple échantillon de salive ou de sang, ces tests permettent de détecter en 20 à 30 minutes l'éventuelle présence dans l'organisme d'anticorps spécifiques produits en cas d'infection par le virus du sida, le VIH. Leur commercialisation devrait être encadrée par une série de précautions pour éviter erreurs d'interprétation ou usage coercitif, a estimé lundi le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans un avis. Le comité évoque par exemple la limite technique des autotests (risque de résultats négatifs lorsque la primo-infection date de moins de trois mois). Des dispositions juridiques devront protéger contre toute pression pour obliger une personne à faire un autotest.

Vendredi, ces autotests avaient aussi reçu un avis favorable de la part du Conseil national du sida (CNS).

Ils permettraient de découvrir 4000 séropositivités et d'éviter 400 nouvelles infections par an en France, selon le CNS qui s'appuie sur des projections effectuées pour les Etats-Unis par l'autorité sanitaire de ce pays. Le CNS, qui rend cet avis à la demande de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, juge toutefois qu'ils «ne peuvent se substituer à l'offre existante» des centres de dépistage «car ils proposent un résultat qui doit être confirmé par un test biologique conventionnel».

6100 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2011 (chiffres INVS) et on estime que 30'000 à 40'000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir. Le Comité d'éthique souhaite également un renforcement du dépistage «accompagné», via notamment les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), un accès gratuit à ces autotests dans des infirmeries scolaires du secondaire et à l'université, ainsi que pour les précaires. (afp)

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