Actualisé 12.06.2009 à 09:18

Grippe A/H1N1

La France reste au niveau d'alerte 5A

Le gouvernement français a décidé de maintenir au niveau 5A le seuil d'alerte à la grippe A/H1N1.

Cette décision intervient au lendemain de la décision de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de passer au niveau 6. Elle a été annoncée vendredi par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie à l'issue d'une réunion de la cellule interministérielle de crise. Lors de cette réunion place Beauvau, «nous avons décidé de proposer au Premier ministre de rester en phase 5A, qui nous paraît aujourd'hui répondre aux besoins», a déclaré Mme Alliot-Marie. Elle a ajouté que François Fillon avait «accepté» cette proposition.

Le niveau 5A correspond à une circulation étendue du virus à l'étranger. «En France, aujourd'hui, il n'y a pas de circulation active du virus», a expliqué la ministre de l'Intérieur.

Le nombre de cas confirmés s'élève à 80, selon sa collègue Roselyne Bachelot (Santé). Mais sur ces 80 cas, 68 sont des personnes ayant voyagé dans des zones à risque. Les 12 autres sont des personnes ayant été en contact direct avec des voyageurs revenant des mêmes pays.

L'OMS a décidé jeudi de relever son niveau d'alerte de 5 à 6, soit le maximum possible. Cette décision confirme que l'épidémie de grippe A/H1N1, partie du Mexique et des Etats-Unis, s'est transformée en pandémie mondiale, la première du XXIe siècle. Mais l'OMS a laissé les Etats libres de déterminer les mesures à prendre face à la pandémie.

La situation française ne justifie pas de prendre des «mesures draconiennes», a expliqué Mme Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur a rappelé qu'un passage au niveau 5B du plan français entraînerait des «conséquences très lourdes» comme des restrictions de circulation, des interdictions de réunion, de spectacles, de manifestations sportives, des fermetures de crèches ou d'écoles. De telles mesures «seraient disproportionnées par rapport à la situation».

Le gouvernement a néanmoins assuré qu'il resterait «totalement vigilant». La cellule de crise va continuer à se réunir tous les jours, les ministres assistant à cette réunion une fois par semaine.

Dans cet esprit, Roselyne Bachelot a annoncé un renforcement des procédures d'information dans les ports, gares et aéroports qui accueillent du trafic international. Un message sonore va être diffusé pour inciter des personnes présentant des signes de grippe (fièvre au delà de 38 degrés, courbatures, grande fatigue, problèmes respiratoires) à consulter un médecin.

Un autre message sonore rappellera les précautions d'hygiène à prendre pour réduire le risque de contamination (lavage des mains, aération des pièces, se couvrir la bouche quand on éternue...). Roselyne Bachelot a rappelé le numéro vert mis en place pour informer la population, le 08.25.302.302

Le gouvernement a aussi entamé des discussion avec quatre laboratoires pharmaceutiques (GSK, Sanofi-Aventis, Novartis et Baxter) pour préparer une éventuelle campagne de vaccination de la population pour cet automne.

Il s'agit de réserver les doses de vaccins nécessaires pour vacciner la totalité de la population si cela est recommandé par les experts, a expliqué Mme Bachelot. Une telle hypothèses nécessite «deux doses sur une population de 65 millions», soit un total de 130 millions.

(ap)

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