Coupe du monde: la France vers une belle ou sale affaire?

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Qatar 2022La France s’avance-t-elle vers une belle histoire ou une sale affaire?

Les Bleus, affaiblis par plusieurs défections majeures, n’entament pas leur Mondial dans la sérénité, ce mardi contre l’Australie.

par
Simon Meier, Doha
Didier Deschamps, qui vit sans doute sa dernière aventure sur le banc des Bleus, est apparu tendu ces derniers jours. On le serait à moins…

Didier Deschamps, qui vit sans doute sa dernière aventure sur le banc des Bleus, est apparu tendu ces derniers jours. On le serait à moins…

AFP

Avec l’équipe de France, c’est toujours la même histoire – longue et belle. Mais ça n’est jamais la même affaire – sans mauvais jeu de maux. Les Bleus, qui entament leur Coupe du monde ce mardi soir contre l’Australie (20h en Suisse), comptaient oublier leurs soucis extra-sportifs en posant leurs bagages au Qatar. Enfin, on n’allait plus parler des accusations de harcèlement sexuel au sein de la fédération, ni de l’invraisemblable dossier Pogba, sur fond de déchirement familial, de maraboutage obscur et de haute truanderie. Enfin, on allait se concentrer sur le ballon, seulement le ballon; et sur la défense de cette deuxième couronne mondiale coiffée voici quatre ans en Russie.

Tout cela paraît loin et ça l’est, à l’échelle d’une sélection qui possède décidément l’art de se compliquer la vie. Et lorsque le mal ne frappe pas à l’interne, ce sont les éléments extérieurs qui peuvent se déchaîner. Ce coup-ci, c’est à l’infirmerie que le bât blesse. Il y a récemment eu les forfaits de Presnel Kimpembe derrière et de Christopher Nkunku devant. En amont, il y avait surtout eu la double défection de Paul Pogba et N’Golo Kanté, paire gagnante de l’entrejeu en 2018. Samedi soir, c’était au tour du Ballon d’or Karim Benzema de jeter l’éponge.

L’incertitude Varane

Stop ou encore? Encore: Raphaël Varane, patron de la défense, souffre lui aussi d’une cuisse et ne jouera pas mardi – pas sûr qu’il soit d’attaque pour le deuxième match contre le Danemark. Même pour un champion du monde au réservoir immense, ça commence à faire beaucoup de tuiles. Le sélectionneur Didier Deschamps, qui sent bien le souffle de Zinédine Zidane dans sa nuque pour lui succéder, fait évidemment front. Mais il est apparu logiquement tendu, lundi, en conférence de presse – si l’on excepte sa boutade sur Olivier Giroud. Tellement de doutes et de questions dans l’air.

La défense centrale tiendra-t-elle la route? Ibrahima Konaté et Dayot Upamecano, les deux élus, se connaissent bien pour avoir joué ensemble à Leipzig. Mais le premier n’a que deux capes internationales au compteur et autant de matches dans les jambes depuis son retour de blessure (décidément) avec Liverpool; et le second, bien que performant au Bayern, s’est montré assez hésitant ou très mauvais lors de ses sept premières sélections.

L’inexpérience du binôme inquiète d’autant plus que le même souci se retrouve dans le cœur du jeu. Adrien Rabiot n’est certes pas le premier venu, mais son histoire en bleu est complexe. Et on attend de voir comment son association avec Aurélien Tchouaméni fonctionnera contre les Kangourous. Dans le sillage de l'équipe, beaucoup d’observateurs ne cachent pas leur(s) préoccupation(s),

Tensions éteintes?

Les tensions anciennes entre Antoine Griezmann, plus que jamais dépositaire du jeu, et Olivier Giroud, remis sur le devant de la scène par le forfait de Karim Benzema, pourraient-elles ressurgir? Kylian Mbappé, désormais star absolue de l’équipe régulièrement frappé d’individualisme aigu, sera-t-il capable de mettre son exceptionnel talent au service du collectif? A-t-il l’âme d’un rassembleur? «Les querelles d’ego semblent plutôt éteintes, même si on ne peut pas jurer que cela ne recommencera pas, déclarait lundi, Sébastien Tarrago, envoyé spécial auprès des Bleus, sur la Chaîne L’Équipe. De toute façon, avant une grande compétition, tout va toujours bien.»

Sauf quand ça va mal. Et si tous ces pépins constituaient une chance pour l’équipe de France, un tremplin formidable pour la nouvelle génération? En tout cas, les Tricolores auront l’avantage de ne pas être guettés par l’excès de confiance… Une fois de plus voire comme toujours, on peut tout attendre de cette sélection pas comme les autres.

Il y a quatre ans en Russie, elle avait entamé sa Coupe du monde par une victoire très poussive (2-1 contre le cours du jeu) face à… l’Australie. Une prestation qui avait déclenché bien des doutes à l’époque – et la colère de Didier Deschamps. Quatre semaines plus tard, la joyeuse troupe était championne du monde.

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