24.07.2020 à 12:54

Liban

La France, ses exigences et le Liban nécessiteux

Lors de sa rencontre avec le gouvernement libanais, Jean-Yves Le Drian a conclu que le pays était enclin à adopter les réformes nécessaires à une aide française.

«Ce sont les exigences de la France et je crois avoir été entendu», a rapporté Jean-Yves Le Drian. (image d’illustration)

«Ce sont les exigences de la France et je crois avoir été entendu», a rapporté Jean-Yves Le Drian. (image d’illustration)

Keystone

Le chef de la diplomatie française a estimé vendredi, dernier jour de sa visite de 48 heures à Beyrouth, que les «exigences» de la France pour aider un Liban «au bord de l’abîme» économique avaient été «entendues» par les dirigeants libanais.

«Ce pays est au bord de l’abîme»

Le ministre a réitéré le souhait de Paris que Beyrouth achève ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir une aide et réformer le secteur de l’électricité. «Ce sont les exigences de la France et je crois avoir été entendu», a dit Jean-Yves Le Drian, premier responsable étranger de ce niveau à effectuer un déplacement au Liban depuis plusieurs mois.

En défaut de paiement, le Liban a adopté un plan de relance fin avril et a promis des réformes. Mais les négociations entamées mi-mai avec le FMI restent au point mort. «Ce pays, il faut le dire, est au bord de l’abîme et si des actions ne sont pas entreprises alors il risque de devenir un pays en dérive», a déclaré Le Drian à la presse, après avoir visité une école.

Agacement prononcé

«Chacun sait le chemin qu’il faut prendre, il y a des voies de redressement. La France est prête à les accompagner, sous réserve que les autorités politiques en prennent les décisions», a ajouté le ministre qui avait déjà adopté la veille un ton très critique à l’égard des dirigeants libanais. Jean-Yves Le Drian n’avait pas caché son agacement après ses rencontres jeudi avec les principaux responsables politiques, s’indignant du «côté passif des autorités» libanaises.

Un haut responsable français, s’exprimant vendredi sous couvert d’anonymat en marge de cette visite, a prévenu que la France «ne mettra pas d’engagement financier tant que les réformes ne seront pas aux rendez-vous».

35% de la population active au chômage

«Le problème, ce sont les actes. C’est fini le discours. (…) Personne n’a plus confiance», a relevé le ministre. «Vous ne bâtissez rien au niveau de la communauté internationale dans le doute.»

Mais, a affirmé cette même source, «certains ne croient plus aux actes». Près de la moitié de la population libanaise vit dans la pauvreté et 35% de la population active est au chômage, selon des statistiques officielles.

(ATS/NXP)

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