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Centrale nucléaireLa France va bien fermer Fessenheim fin 2016

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim aura bien lieu fin 2016 ou début 2017, a déclaré la ministre de l'Energie Delphine Batho.

Le délai nécessaire pour fermer définitivement la doyenne des centrales françaises fait débat. Les autorités nucléaires insistent notamment sur une procédure qui n'a jamais été menée en France pour ce type de réacteur et qui devrait prendre cinq ans, pour un arrêt qui pourrait donc être postérieur à 2017.

«L'arrêt de Fessenheim aura bien lieu fin 2016 ou début 2017. Il n'y a pas d'obstacle, ni juridique, ni financier, qui soit incontournable», a dit Delphine Batho dans «Le Monde» publié lundi. «Le peuple est souverain pour décider de la politique énergétique, et EDF a dit qu'à partir du moment où il y aura une loi de transition énergétique, il la respectera.»

La fermeture de Fessenheim doit être inscrite dans la loi de transition énergétique qui sera présentée à l'automne. En dehors du Parlement, l'exploitant EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont les seules entités à pouvoir décider de fermer une centrale nucléaire.

L'ASN vient de donner son accord à EDF pour l'exploitation du réacteur n°2 de Fessenheim pour dix ans de plus, jusqu'en 2022, sous réserve d'y réaliser des travaux améliorant la sûreté. Le réacteur n°1, où des travaux similaires sont en cours, avait reçu cet accord en 2011.

EDF a indiqué lundi ne pas disposer d'une estimation du coût des travaux. L'exploitant a précisé que le seul renforcement du radier représenterait entre 20 et 30 millions d'euros (24 à 36 millions de francs) par réacteur.

Manque à gagner

Un jour de production représente un manque à gagner de l'ordre d'un million d'euros par jour et par réacteur, a récemment indiqué le directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Jacques Repussard. La fermeture de Fessenheim reste actuellement une «suggestion politique», affirmait également le patron de l'IRSN, soulignant qu'EDF jouait la montre dans ce dossier.

Dans son édition du 5 mai, le Journal du dimanche affirme qu'EDF entend réclamer entre cinq et huit milliards d'euros à l'Etat pour la fermeture anticipée de la centrale du Haut-Rhin.

François Hollande avait promis pendant sa campagne la fermeture de la plus vieille centrale française, évoquant notamment son âge et sa situation en zone sismique et inondable. Le président s'est également engagé à réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici 2025. (ats)

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