Actualisé 15.03.2011 à 15:41

Crise nucléaire

La France va contrôler «toutes ses centrales»

Le Premier ministre François Fillon a annoncé mardi un contrôle de chacune des 58 centrales nucléaires françaises.

«Nous devrons tirer tous les enseignements de cette catastrophe pour renforcer la sécurité de notre parc nucléaire», a déclaré M. Fillon lors de la séance de questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.

«C'est l'un des plus sûrs, c'est l'un des plus vérifiés, c'est l'un des plus transparents et je veux dire qu'il est tout aussi absurde d'affirmer que le nucléaire est condamné par cet accident que d'affirmer qu'il ne nous concerne pas», a poursuivi le chef du gouvernement.

«Nous n'éluderons aucune des questions posées par cette catastrophe», a-t-il assuré. «Nous devons tenir compte de ce qui s'est passé au Japon. A quelle force de tremblement de terre peuvent résister chacune de nos centrales? A quel niveau d'inondation peuvent-elles faire face? Nous allons contrôler tout cela et nous le ferons en toute transparence», a-t-il assuré.

«Les démonstrations de sûreté de chaque centrale en France seront contrôlées à la lumière des enseignements tirés de la catastrophe de Fukushima et les résultats de ces contrôles seront rendus intégralement publics», a-t-il promis.

Evoquant le débat sur la politique nucléaire française, relancé par les événements au Japon, le Premier ministre en a appelé «à la responsabilité et à la retenue».

«Il y a un temps pour chaque chose», a-t-il dit. «Aujourd'hui, c'est le temps du soutien et de la solidarité avec le peuple japonais. Il y aura ensuite le temps du retour d'expérience», a-t-il promis.

Le Premier ministre répondait aux questions des quatre groupes politiques de l'Assemblée nationale sur le sujet, la gauche réclamant notamment un «audit» des centrales nucléaires françaises.

Le député communiste Daniel Paul a ainsi demandé un «audit» du dispositif de sécurité des centrales nucléaires «face à toutes les éventualités d'accident et de catastrophes naturelles».

Le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault a exigé «la transparence».

«Dans l'attente d'un retour des leçons à tirer sur ces accidents tragiques au Japon, nous demandons un moratoire, non pas sur la recherche, mais sur le développement de capacités nucléaires supplémentaires en France, et nous demandons un audit public sur la sécurité de chacune de nos centrales et de nos réacteurs et sur la prolongation éventuelle de leur durée de vie», a-t-il déclaré.

Le député maire de Nantes a aussi souhaité l'organisation d'un «grand débat national sur la politique énergétique».

Inquiet, Berlin va fermer des réacteurs

Face au risque nucléaire qui augmente au Japon, l'Allemagne a décidé de réagir. Angela Merkel a décidé de fermer provisoirement certains réacteurs vieillissants.

La chancelière allemande a annoncé mardi la fermeture immédiate et pour trois mois de tous les réacteurs mis en service en Allemagne «avant la fin 1980». Ces centrales là sont au nombre de sept.

«Nous allons engager un examen de la sécurité de toutes les centrales nucléaires», a dit la chancelière lors d'une conférence de presse. Cet examen aura pour conséquence que «les réacteurs qui sont entrés en service avant la fin 1980 seront arrêtés pendant la durée du moratoire,» a-t-elle ajouté.

Mme Merkel avait annoncé lundi un moratoire de trois mois sur l'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires, alors que l'accident nucléaire au Japon a exacerbé l'hostilité traditionnelle de la population allemande à l'atome.

Comme elle s'y était engagée lors de la campagne électorale de 2009, la chancelière a décidé de prolonger de douze ans en moyenne la durée de fonctionnement des réacteurs, alors que les sociaux-démocrates alliés aux Verts avaient programmé il y a dix ans un arrêt progressif d'ici 2020 environ.

Sept réacteurs nucléaires ont été mis en service en Allemagne avant la fin 1980: l'un dans le Schleswig-Holstein (nord), l'un en Basse-Saxe (nord-ouest), deux en Hesse (ouest), deux au Bade-Wurtemberg (sud-ouest), et un en Bavière (sud).

Les fermetures affectent les quatre opérateurs de centrales nucléaires en Allemagne: une filiale du groupe suédois Vattenfall, les groupes privés allemands EON et RWE, et enfin le groupe public régional allemand EnBW.

(ats/ap/afp)

L'UE envisage des tests de résistance

L'Union européenne a fait savoir mardi qu'elle envisageait la mise en place de tests de résistance pour les centrales nucléaires afin de déterminer si elles pourraient résister à des séismes ou d'autres situations d'urgence.

Selon la porte-parole de l'UE Marlene Holzner, cette question va être abordée à l'occasion d'une réunion des ministres européens de l'énergie, des autorités de sûreté nucléaire et des industriels concernés pour faire un point sur la sécurité après la crise au Japon. On ignore quelles formes pourraient prendre ces tests

Les Allemands se jettent sur l'iode

Compteurs Geiger, pastilles d'iode... dans une Allemagne majoritairement hostile au nucléaire d'aucuns se préparent au pire après les explosions dans une centrale nucléaire japonaise.

«Beaucoup d'officines nous ont signalé que des clients se présentaient pour acheter des pastilles d'iode», a expliqué mardi à l'AFP une porte-parole de la fédération allemande des pharmacies, précisant n'avoir toutefois pas de données chiffrées complètes .

L'organisme a tout de même publié un communiqué mettant en garde les Allemands contre l'ingestion d'iode en dehors de toute exposition à des particules radioactives.

La fédération y rappelle qu'une seule dose suffit pour bloquer l'accumulation d'iode radioactive dans le corps, qu'il existe des risques d'allergies ou d'intolérance, et que les personnes de plus de 45 ans ne doivent en principe pas en prendre.

Un autre article est soudainement très prisé des Allemands: le compteur Geiger, servant à mesurer la radioactivité.

Le fabricant allemand d'appareils de mesure Graetz, basé dans l'ouest du pays, a indiqué à l'AFP avoir reçu «beaucoup d'appels d'Allemagne, mais pas seulement, de personnes qui sont inquiètes et qui souhaitent s'équiper».

Sur l'internet une forte hausse de la demande a été enregistrée pour ces appareils, en général peu prisés des particuliers et qui coûtent entre 250 et 500 euros.

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