Actualisé 27.04.2008 à 18:51

La friche Leclanché cache une bombe à retardement

Nonante artistes et artisans ont
investi l'ancienne usine d'Yverdon. Ils devraient partir fin 2009. Pour aller où?

Son usine devenue trop grande pour ses activités, l'entreprise de piles Leclanché s'est mise à louer un à un ses locaux depuis deux ans. Aujourd'hui, ils sont 90 artistes, artisans et PME à partager l'ancienne adresse de la société.

Parmi eux, des noms connus, tels que le chanteur Thierry Romanens et le cinéaste Yves Yersin. Le deal est clair: les locaux sont loués bon marché et en l'état, avec un bail jusqu'à fin 2009. Car Leclanché veut se séparer de ses terrains pour réinjecter l'argent dans l'entreprise. «Nous ne voulons pas nous transformer en gérance», explique son directeur Raoul Sautebin. En attendant, les locataires ont investi de l'argent dans leurs murs et se sont organisés en association.

Le «Village Leclanché» entend promouvoir sa richesse économique et culturelle. «Nous nous attellerons à prouver le caractère indispensable d'un tel site dans la région, avec l'espoir qu'il puisse perdurer. Ce qui se passe ici me fait penser au Flon lausannois des débuts», estime Yves Yersin. Et si le repreneur ne voulait pas des locataires?

«Il y aura un problème, puisqu'il n'existe aucun autre endroit à Yverdon où les mettre», constate le municipal de l'Urbanisme, Paul-Arthur Treyvaud. Pour désamorcer la bombe, la Ville pourrait-elle racheter les lieux? «A 400 francs le m2, c'est un investissement qui dépasse sans doute les capacités d'une commune, poursuit-il. Mais ça mérite une étude.»

Carole Pantet

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