Actualisé 29.07.2016 à 18:04

ChineLa fusion entre AB InBev et SABMiller se profile

Le conseil d'administration du brasseur britannique devrait accepter l'offre finale d'achat du groupe belgo-brésilien.

Le rapprochement probable en fait la 3e plus importante fusion de l'histoire.

Le rapprochement probable en fait la 3e plus importante fusion de l'histoire.

photo: Reuters/Archives

Le conseil d'administration du brasseur britannique SABMiller, numéro deux mondial du secteur, a annoncé vendredi qu'il recommandait l'offre finale et améliorée du numéro un, Anheuser Busch InBev. Cette décision vient clôturer une semaine riche en événements relatifs à l'une des plus grandes fusions de l'histoire.

La nouvelle offre valorise SABMiller à environ 79 milliards de livres (101,5 milliards de francs) contre environ 70 milliards au moment de son annonce en novembre 2015.

Feu vert

Les autorités chinoises ont donné vendredi leur feu vert sous condition à la fusion entre les brasseurs belgo-brésilien AB InBev et britannique SABMiller. Ce «oui» élimine l'un des derniers obstacles majeurs à ce rapprochement de 108 milliards de dollars.

Le ministère du commerce «a décidé d'approuver la fusion, moyennant des conditions restrictives complémentaires», a annoncé son bureau antimonopole dans un communiqué publié sur son site internet. Le rachat avait déjà obtenu le feu vert des Etats-Unis, de l'Union européenne (UE) et de l'Afrique du Sud, d'où SABMiller est originaire.

Soumission de l'offre aux actionnaires

L'approbation chinoise constitue la dernière condition préalable à la soumission de l'offre formelle aux actionnaires de SABMiller. AB InBev a accepté une série de concessions afin d'obtenir ce feu vert, notamment la vente de la participation de 49% détenue par SABMiller dans Snow Breweries. Il s'agit du plus important producteur de bière en Chine.

Le bureau antimonopole a précisé que cette vente - à une entité de China Resources, le partenaire local de SABMiller - devra intervenir dans un délai de 24 heures suivant la fusion. Sans cette opération, souligne-t-il, la fusion «aurait comme effet d'éliminer et de restreindre la concurrence, et au final porterait préjudice aux intérêts des consommateurs chinois».

Méga fusion

AB InBev est déjà le premier brasseur mondial. Et le rapprochement avec SABMiller pourrait constituer la troisième plus importante fusion de l'histoire si elle est finalisée.

AB InBev, propriétaire des marques Stella Artois et Budweiser, avait relevé mardi son offre sur SABMiller à 45 livres par action (contre 44 précédemment), après la chute de la monnaie britannique en raison du Brexit. De plus en plus d'actionnaires de SABMiller, numéro deux du secteur basé à Londres, manifestaient leur résistance au rachat géant annoncé en novembre, évalué alors à 121 milliards de dollars (118 milliards de francs au cours actuel).

Chute de la livre

Et ce montant s'était considérablement réduit en raison du plongeon de la livre après le vote des Britanniques, le 23 juin, en faveur de la sortie de l'UE.

La nouvelle offre valorise SABMiller à environ 79 milliards de livres (101 milliards de francs). Et la fusion pourrait permettre à la nouvelle entité de conquérir des marchés en Afrique et en Chine.

A eux deux, les deux géants brassent déjà près de 60 milliards de litres par an. C'est trois fois plus que l'actuel numéro trois mondial du secteur, le néerlandais Heineken.

Bénéfice trimestriel en hausse

AB InBev a, par ailleurs, annoncé une progression de son bénéfice d'exploitation (EBITDA) de 4,3% au deuxième trimestre 2016, à 4,011 milliards de dollars (3,88 milliards de francs).

«Le deuxième trimestre de 2016 a connu une nouvelle performance solide des volumes au Mexique et une amélioration continue de nos résultats aux Etats-Unis. Toutefois, nos activités au Brésil et en Argentine sont restées sous pression en raison de conditions macroéconomiques défavorables», a souligné la firme.

Dans l'un de ses berceaux, le Brésil, l'entreprise a revu à la baisse ses prévisions 2016. Elle table désormais sur une stagnation des ventes et non plus une hausse, comme auparavant, «en raison de l'environnement consommateur faible». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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