Actualisé 17.12.2011 à 07:45

Conseil fédéral La gauche devra faire face ses responsabilités

Avec l'accession d'Alain Berset au Département fédéral de l'intérieur (DFI), les socialistes sont mis face à leurs responsabilités, estime samedi la presse romande.

Le DFI est-il «un cadeau empoisonné» pour Alain Berset?

Le DFI est-il «un cadeau empoisonné» pour Alain Berset?

Le PS devra désormais sortir de son rôle d'opposant, en matière d'assurances sociales notamment, pour empoigner les dossiers et faire des propositions.

«La gauche à des raisons de se réjouir. Elle reprend à la droite un département clé, dépensier, politiquement sensible, où se prennent des décisions cruciales qui touchent immédiatement le porte- monnaie des ménages suisses», estime «Le Temps» dans son éditorial.

La rocade «impose aux socialistes de participer et non de trop facilement s'opposer; elle suppose de leur part un sens accru des responsabilités», souligne toutefois le journal, aux yeux duquel la gauche se trouve désormais face à un défi. Le PS devra en effet «repenser équitablement la solidarité sociale dans un contexte où les ressources diminuent alors que les besoins augmentent.»

La «Tribune de Genève» relève elle aussi qu'il est l'heure pour le PS de s'atteler à ce à quoi il s'engage: «Il doit se mettre aux travail, se salir les mains, empoigner ces thématiques qui alarment les citoyens. D'une formation de la critique de l'institution - de la guérilla fédérale - il doit se muer en parti propositionnel et facilitateur de solutions que tous attendent.»

Une tâche qui s'annonce conséquente, reconnaît le quotidien genevois: «Révision de l'AVS, de l'AI, réforme du système de santé: les chantiers pullulent».

Mais avec Alain Berset à la tête du DFI, les socialistes peuvent «espérer infléchir les multiples réformes en cours», affirme le «Quotidien jurassien».

Cadeau empoisonné?

Toutefois, «reste à savoir si ce retour de la gauche à l'Intérieur aura réellement des conséquences sur les options prises sous la Coupole fédérale. Pas sûr.», tempère-t-il, arguant que «les premiers votes du parlement élu cet automne donnent à penser que, malgré les reculs électoraux de l'UDC et des libéraux-radicaux, ce nouveau législatif est davantage orienté à droite que celui de la législature précédente».

Le PS à ainsi bien des chances de se retrouver en porte-à-faux avec son électorat: «Imaginez un Infrarouge consacré à l'augmentation des primes maladie. Le conseiller fédéral socialiste et très collégial Alain Berset opposé au héraut de la caisse unique, l'autre surdoué socialiste de la course au gouvernement, Pierre-Yves Maillard», suggère la «Tribune de Genève», parlant de «scène cocasse» mais peut-être rêvée par la droite.

Le Département fédéral de l'intérieur est-il «un cadeau empoisonné?», s'interroge «Le Temps». D'après lui, «un premier pas positif serait que le socialiste désidéologise la discussion. Et «la bonne surprise serait de le voir initier des solutions inédites, capables de rallier de nouvelles majorités au parlement et devant le peuple.»

La presse alémanique pessimiste

Outre-Sarine, la presse ne cache pas elle son scepticisme quant à d'éventuels succès socialistes au gouvernement. Ainsi, le «Tages- Anzeiger» est d'avis que le PS se trouve dans une situation fort inconfortable, comme peu souvent par le passé. «Leurs deux conseillers fédéraux dirigent des départements dans lesquels ils ne pourront en aucun cas être couronnés de lauriers», avertit-il.

La «Neue Zürcher Zeitung», qui juge que les socialistes sont tout de même les vainqueurs de la rocade car Alain Berset peut désormais «se consacrer aux thèmes de fond de son parti», annonce elle aussi une période «délicate» pour le PS en vue du référendum contre le projet de réseau de soins intégrés (Managed Care).

«Une petite rupture»

Concernant la prise en mains du Département fédéral des affaires étrangères par Didier Burkhalter, alors qu'Alain Berset paraissait se profiler pour le poste, le ministre neuchâtelois a «lui aussi le profil de l'emploi», assure le «Quotidien jurassien». «Si rupture il y a donc eu hier dans l'ordonnance des choses, elle est petite». Car, entre les deux hommes, «la différence tient davantage à leur appartenance politique qu'à leur profil de politiques diplomates».

Pour «Le Temps», «ce n'est pas un mauvais choix de miser sur un radical modéré pour éveiller à certaines réalités ceux qui relativisent les griefs avec l'UE et rêvent de cimenter un statu quo que Bruxelles n'accepte plus».

(ats)

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