Place financière suisse: La gauche et l'UDC grincent des dents
Actualisé

Place financière suisseLa gauche et l'UDC grincent des dents

Tous les partis reconnaissent que la commission d'experts a fait un minimum en émettant des projets de réglementation.

L'UDC propose toutefois des mesures structurelles à l'intérieur de l'entreprise, alors que la gauche tient à imposer les bonus.

Le PS a pris acte «avec satisfaction» du résultat du rapport intermédiaire sur les entreprises trop grandes pour faire faillite. Il désire désormais «des prescriptions plus strictes relatives aux capitaux propres et aux liquidités des banques».

Le parti souligne dans sa prise de position que la commission d'experts mandatés par la Confédération en vient aux mêmes conclusions que l'étude qu'il a commissionnée sur les risques systémiques que posent les grandes banques.

L'UDC concède que les propositions de la commission d'expert sont «utiles pour réduire les risques», notamment les exigences des fonds propres et des liquidités. Le PLR soutient également l'examen plus sévère des fonds propres et des liquidités des banques.

Tant la gauche que l'UDC trouvent toutefois que le rapport s'arrête un peu vite en chemin. Les Verts déplorent que ce rapport apporte peu de choses concrètes et exige la constitution d'une nouvelle commission indépendante des grandes banques.

Concept des filiales

Certains partis amènent quelques propositions. L'UDC préconise une mise en place rapide des projets. Ce parti trouve que les solutions préconisées par les experts ne règlent pas le problème en cas d'insolvabilité des banques ou d'une faillite bancaire.

Il exige à cette fin des objectifs structurels «par exemple sous la forme d'une holding pour éviter de façon efficace que la faillite d'une banque n'entraîne des conséquences graves sur toute l'économie». L'UDC avance le concept de «filiales qui rempliraient les activités bancaires indépendamment l'une de l'autre».

Bonus à imposer

Le PS ne renonce pas à son idée d'imposer à un taux de 8,5% des bonus supérieurs à un million de francs. Il souhaite que ce projet soit couplé aux dispositions prévues par le rapport.

Le parti va plus loin. Il pose l'imposition des bonus, ainsi que la prise en charge de «toute perte éventuelle liée aux actifs toxiques de l'UBS abritées par la BNS» par la banque elle-même, comme conditions à son aval à l'accord avec les Etats-Unis qui devra être traité par les Chambres en juin.

Le PS veut ainsi éviter que «la Suisse se retrouve confrontée à des problèmes identiques» que l'affaire UBS. Et de conclure qu'»il serait irresponsable de ne rien entreprendre».

Taille des banques

Le PLR est d'un avis contraire. Il insiste pour que les nouvelles mesures ne soient en aucun cas liées à l'accord d'entraide administrative sur l'UBS avec les Etats-Unis. Favorable à une place financière helvétique forte, ce parti salue le rapport intermédiaire. Il estime que les auteurs ont analysé la situation avec mesure.

Le conseiller national PDC Pirmin Bischof loue la direction prise par le rapport intermédiaire. Il est incontesté d'avoir des fonds propres plus élevés note-t-il. L'innovation, qui était une exigence du PDC rappelle-t-il, consiste à identifier les subdivisions pertinentes des banques et de pouvoir les externaliser.

Le conseiller national PDC se réjouit également que la commission n'a pas suivi les exigences de l'UDC et du PS pour réduire la taille des banques. Selon lui, il est également positif de renoncer à une garantie de l'Etat.

(ats)

Ton opinion