Salaires des managers: La gauche et l'UDC main dans la main au National

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Salaires des managersLa gauche et l'UDC main dans la main au National

Les établissements financiers qui demandent l'aide de l'Etat devraient pratiquer, pour leurs dirigeants, une politique salariale analogue à celle des entreprises de la Confédération.

Le Conseil national a haussé le ton lundi à l'égard de l'UBS et de la FINMA.

La gauche et l'aile blochérienne de l'UDC ont fait alliance à la Chambre du peuple pour durcir la politique de rémunération des dirigeants de banques. Par 104 voix contre 81, la majorité a adopté une motion de la commission de l'économie exigeant de limiter les salaires des top managers des banques qui sollicitent l'aide de l'Etat.

Le système salarial des étages supérieurs devrait être calqué sur celui des entreprises liés à la Confédération (Poste, Swisscom, CFF). La limite supérieure devrait donc avoisinner 700 000 à 850 000 francs par an.

Les parts salariales variables devraient être momentanément versées sur un compte bloqué et ne seraient payées qu'après trois ans, pour autant que la banque n'ait pas demandé de soutien financier entretemps. En outre, les différentes activités bancaires (géographiques ou matérielles) devraient être séparées dans un structure de type holding.

Administrateur fédéral

La motion exige également qu'un représentant de la Confédération siège au conseil d'administration de l'UBS pour la durée de l'engagement fédéral. Enfin, il s'agit de tout mettre en oeuvre pour que la Confédération récupère au plus vite les fonds engangés pour le sauvetage de la banque.

Comme d'autres bourgeois, Pirmin Bischof (PDC/SO) a critiqué en vain ce dispositif cher à Christoph Blocher. «C'est non seulement inutile, mais aussi dangereux», a-t-il averti. Toutes les banques seraient forcées de prendre une structure en holding, même celles qui n'ont pas besoin de l'aide étatique.

Hans-Rudolf Merz a lui aussi mis en garde contre les dommages qui pourraient être causés aux banques. La Confédération ne doit pas entrer au conseil d'administration de l'UBS sous peine d'être tenue responsable de fautes opérationnelles, a dit le président de la Confédération.

Directives salariales

Le National a adopté tacitement une autre motion de sa commission des finances afin de maintenir la pression sur l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA). Celle-ci est priée de publier ses directives sur la politique de rémunération des banques d'ici la fin mai, et non pas d'ici l'automne seulement.

Ces nouvelles règles devraient tendre à «éviter les incitations à la prise de risque inconsidérée et assurer une certain transparence», a précisé Daniel Vischer (Verts/ZH) au nom de la commission. Si la plupart des banques devraient obtenir un délai pour adapter leur système de rémunérations, l'UBS devrait appliquer les normes de la FINMA dès 2009.

Indépendance de la FINMA

Autre motion avalisée par 180 voix contre 8, le Conseil fédéral est appelé à réexaminer la question de la surveillance et du contrôle du marché financier exercés par la FINMA. Il doit en particulier vérifier la structure de l'Autorité de surveillance et son indépendance du point de vue de son personnel.

La Suisse a besoin d'un organisme de surveillance qui ne soit pas à la botte des grandes banques, a fait valoir Hans-Jürg Fehr (PS/SH). En ligne de mire, le président de la FINMA Eugen Haltiner, ancien collaborateur de l'UBS.

La FINMA a besoin de personnel spécialisé; M. Haltiner a certes travaillé pour l'UBS, mais il s'est détaché de tous les liens qu'il avait avec la grande banque, a argumenté en vain M. Merz. (ats)

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