Criminels étrangers: La gauche vaudoise pour le double non
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Criminels étrangersLa gauche vaudoise pour le double non

La gauche vaudoise fait bloc contre l'initiative de l'UDC et le contre-projet soumis le 28 novembre au peuple.

Elle a appelé jeudi à voter deux fois non, dénonçant des textes aux relents de «surenchère électoraliste».

Côte à côte, les Verts, le POP et le Parti socialiste rejettent l'initiative demandant le renvoi des criminels étrangers ainsi que le contre-projet. Entre «la peste et le choléra», la seule réponse «raisonnable» est de dire deux fois non, a affirmé le député écologiste Raphaël Mahaim.

Absurde et condamnable

Il faut «refuser ce débat populiste». L'initiative de l'UDC rappelle «les pires régimes qu'a connus notre planète» et l'automaticité du renvoi est tout simplement «absurde». Le contre- projet n'est lui qu'»une transcription juridiquement correcte» et se révèle même «plus dur» que l'initiative sur certains points, selon lui.

Cesla Amarelle, présidente du Parti socialiste vaudois, a mis en garde contre les graves menaces que contient l'initiative envers l'ordre public international. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le principe du non-refoulement face à la barbarie est essentiel. «On est en train d'attaquer des valeurs fortes» lorsque des expulsions de manière automatique sont évoquées, selon Cesla Amarelle.

Contre les pauvres

Pour renvoyer quelqu'un, il faut des accords de réadmission, a-t- elle rappelé. Elle a dénoncé «les effets d'annonce» du conseiller d'Etat vaudois Philippe Leuba dans ce domaine, alors que «la prison de Frambois déborde de cas vaudois» qui ne peuvent pas être expulsés.

Vice-président du POP, Julien Sansonnens a fustigé les délits absents de la liste de l'UDC. Fraude ou évasion fiscales ne sont pas retenues par ce parti qui se profile comme celui «du capital» en Suisse. L'UDC «attise la haine contre les étrangers pauvres» mais accueillent les délinquants économiques.

Pas de mauvaise tactique

Interrogée sur le choix de certains à gauche de voter pour le contre-projet afin de priver l'UDC d'une victoire prévues par les sondages le 28 novembre, la conseillère nationale Ada Marra a refusé cette tactique, «ne voyant pas en quoi ça va faire battre l'UDC». Le contre-projet «n'est pas crédible» et il ne faut «pas se diviser à l'interne», a souligné la socialiste.

Accepter le contre-projet c'est au fond «légitimer les demandes de l'UDC», ce qui est inacceptable, a renchéri Raphaël Mahaim. Ada Marra a enfin appelé les binationaux à se lancer dans la bataille pour que le «non» l'emporte dans les urnes.

(ats)

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