Actualisé 14.03.2016 à 17:07

GenèveLa gauche veut obliger à construire bon marché

Deux initiatives vont être lancées par les partis de l'Alternative pour lutter contre la pénurie d'habitations qui sévit à Genève.

de
Léonard Boissonnas
La pénurie de logements est l'un des gros points noirs du canton de Genève.

La pénurie de logements est l'un des gros points noirs du canton de Genève.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Accéder à un logement à Genève devient de plus en plus difficile, voire impossible pour la classe moyenne et les plus modestes. Forts de ce constat, le PS, les Verts et SolidaritéS, soutenus par les syndicats et des associations d'habitants et de locataires, proposent d'augmenter la part d'habitations à bas loyers.

Au moins 50% de LUP

Leur première initiative demande à ce qu'au moins 80% des appartements construits soient destinés à la location. Parmi eux, au moins la moitié serait dévolue aux logements d'utilité publique subventionnés (LUP, contrôlés par l'Etat pendant 50 ans), dont au moins 30% d'habitations destinées aux plus bas revenus (HBM).

Ces dix dernières années, selon Pablo Cruchon, secrétaire de SolidaritéS, près de la moitié des nouveaux logements étaient des PPE (propriétés par étage) ou des villas. Un non sens face aux besoins de la population: «Notre initiative rétablit la disproportion actuelle», explique Lisa Mazzone, présidente des Verts genevois.

Coopératives ou fondations

Le financement de ces habitations se ferait via des coopératives ou des fondations de droit public. «Aujourd'hui, la difficulté n'est pas de trouver des financements, mais des terrains à bâtir», indique Carole-Anne Kast, présidente du PS genevois.

Le second texte de l'Alternative propose qu'en cas de pénurie, soit lorsque le nombre de logements vacants descend en dessous de 2% , le Canton ne puisse déclasser des terrains qu'en «zones de développement», là où les prix des loyers sont contrôlés par l'Etat pendant 10 ans.

Des «propositions irresponsables», selon la CGI

De son côté, la Chambre genevoise immobilière (CGI) dénonce des «propositions irresponsables» qui feraient courir le risque d'une «profonde pénurie». Selon elle, la demande en PPE ou loyers libres est au contraire «extrêmement forte». De plus, ni l'Etat ni les coopératives n'ont les moyens pour réaliser rapidement des habitations à prix modéré: «Le remède proposé est pire que le mal», estime l'association immobilière.

Les partis de l'Alternative ont quatre mois pour récolter 7403 signatures.

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