Actualisé 30.09.2011 à 21:10

Pour éviter les violencesLa Gay Pride interdite à Belgrade

La Gay pride prévue dimanche à Belgrade ainsi que les contre-manifestations ont été interdites pour des raisons de sécurité. En 2010, la marche avait été émaillée d'incidents.

«Nous interdisons tout rassemblement ce week-end, les 1er et 2 octobre. La police empêchera tout rassemblement par tous les moyens», a déclaré le ministre. «Ils ne sont pas interdits en raison de leur nature, mais pour empêcher que l'ordre et la paix publique ne soient menacés», a annoncé vendredi le vice-Premier ministre et ministre serbe de l'Intérieur, Ivica Dacic, sur la chaîne de télévision B92.

«Il n'y avait pas de dilemme... Il est clair que les risques sont élevés», a poursuivi M. Dacic. «La décision est contraignante pour tout le monde», a-t-il conclu.

«En raison de ces manifestations, et principalement de ceux opposés à la parade (la Gay pride), on pouvait s'attendre à des atteintes considérables à l'ordre public et à la paix, aux biens, aux sièges des partis politiques, aux ambassades étrangères, aux entreprises. L'objectif était que si la police réagissait fermement, on sombrait dans un chaos généralisé», a encore expliqué le ministre.

Violences l'année dernière

La Gay pride devait se tenir dimanche dans le centre de Belgrade. D'importants accrochages s'étaient produits à la fin de celle de l'année dernière, opposant les forces de l'ordre à des militants ultra-nationalistes, ainsi que des supporteurs de football. Cent cinquante personnes avaient été blessées, dont une majorité de policiers.

Ces mêmes milieux ultra-nationalistes avaient annoncé leur intention d'organiser ce week-end des manifestations d'opposition à la Gay pride. Deux organisations appartenant à cette mouvance, Obraz (Honneur) et Dveri, ont annoncé vendredi en début de soirée qu'elles renonçaient à manifester.

Obraz souhaitait se rassembler dimanche à proximité de la Gay pride. Dveri avait prévu de manifester samedi dans le centre de Belgrade. Plusieurs réactions de colère mêlées de stupeur n'ont pas tardé à se faire entendre suite aux déclarations du ministre.

«Capitulation devant les voyous»

Il s'agit d'une «capitulation de l'Etat devant les voyous et les tyrans», a déclaré l'un des organisateurs de la Gay pride, Goran Miletic, à l'agence Beta.

«Les institutions de l'Etat ont raté l'occasion de régler les comptes de ceux qui l'année dernière, lors de la précédente (Gay pride), ont participé aux émeutes, ainsi qu'aux attaques contre la police et les citoyens», a-t-il poursuivi.

«Il est absolument incroyable que la police ne l'ait pas fait. Nous préparions (la Gay Pride) depuis quatre mois, mais l'Etat n'a rien fait», a souligné M. Miletic.

Quant à l'ombudsman serbe (chargé de servir d'intermédiaire entre l'administration et les citoyens), Sasa Jankovic, il a regretté dans une déclaration que la «Serbie ne soit pas une place sûre pour ceux qui sont différents sexuellement de la majorité» des gens. (ats)

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