La Gay Pride réclame des droits pour les couples homosexuels

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La Gay Pride réclame des droits pour les couples homosexuels

«Pour une Italie plus européenne», «des droits pour tous»: sous une marée de banderoles réclamant la reconnaissance juridique des couples homosexuels, des dizaines de milliers de personnes ont participé samedi à Rome à la Gay Pride.

«Nous sommes hétéros, gays, lesbiennes et bi, et nous demandons à Romano Prodi les mêmes droits pour tous. Où sont passées toutes les promesses du gouvernement? Tombées dans le néant!», s'époumonait une drag-queen sur un des chars qui ouvre un long cortège qui rassemble, selon les organisateurs, plus de 100 000 personnes.

Sous un soleil de plomb, la Gay Pride a pris le départ vers 17h00 à la porte San Paolo, au sud de Rome, pour rejoindre la place San Giovanni, là-même où des centaines de milliers de catholiques avaient manifesté le 12 mai pour défendre la famille traditionnelle et s'opposer au projet de Pacs (Pacte civil de solidarité).

Pour une vie «plus sereine»

Derrière une banderole proclamant «Parité, Dignité, Laïcité», c'est le député travesti du Parti Refondation communiste, Vladimir Luxuria, qui a mené le cortège, dans une discrète robe de satin rouge et grise.

«J'espère que 2007 sera l'année de la reconnaissance des droits des gays, lesbiennes et bisexuels, afin que nous ayons tous une vie un peu plus sereine», a déclaré le député, élu en avril 2006 dans la circonscription de Rome et porte-drapeau depuis des années du mouvement gay et lesbien de la Péninsule.

«Le projet de loi du gouvernement» (adopté le 8 février en conseil des ministres) «n'est pour moi qu'un point de départ. Nous attendons que la commission Justice du Sénat dégèle le texte, pour que nous puissions enfin avoir un débat au Parlement», a ajouté Vladimir Luxuria.

Plusieurs ministres du gouvernement de Romano Prodi sont venus apporter leur soutien aux manifestants, dont Alfonso Pecorario Scanio (Environnement) et Paolo Ferrero (Solidarité sociale).

Le Vatican pris à partie

«Je suis venu saluer les participants à la Gay Pride avant son départ, mais je ne suivrai pas le cortège. Je voulais apporter un signe de respect et de considération à ces hommes et ces femmes car leurs demandes sont positives. Ils soulèvent des problèmes et des questions qui concernent tous les Italiens», a commenté Paolo Ferrero.

Au sein de la manifestation organisée par cinquante associations et partis politiques de gauche, une trentaine de chars diffusaient à pleins décibels des tubes technos, et étaient parés d'affiches et de banderoles qui s'en prenaient au gouvernement Prodi mais aussi au Vatican, fermement opposé à tout projet de Pacs qui représente selon lui un danger pour la famille traditionnelle basée sur le mariage.

«Le pouvoir du Vatican est très fort en Italie et le problème c'est qu'en face nous avons un gouvernement qui est plus que faible, qui a peur de perdre des électeurs et qui n'arrive pas à se décider sur le Pacs», a déploré Francesco Summa, venu de Pise et qui défile avec les «No Vat» qui demandent «moins de Vatican et plus d'autodétermination».

«Je crois qu'il faudra des années pour que l'Italie ait un Pacs, et surtout ce sera un Pacs au rabais par rapport à ce qui s'est fait dans les autres pays européens», a-t-il dénoncé, brandissant une pancarte où dans un cadre en forme de coeur figure une photo du pape Benoît XVI et de son secrétaire particulier Georg, «jeunes mariés».

(ats)

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