Actualisé 28.01.2009 à 16:41

Homicide de Clarens

La gentille jeune fille et la froide bagarreuse

Le Tribunal criminel de l'Est vaudois, à Vevey, s'est penché mercredi sur le profil de la jeune femme qui a participé à l'assassinat du sexagénaire de Clarens.

L'expertise psychiatrique conclut à une pleine responsabilité pénale.

Un assistant social puis l'expert psychiatre ont décrit une jeune femme de 21 ans froide et distante, anesthésiée sur le plan sentimental. Elle a souffert du divorce conflictuel de ses parents, qui l'a laissée sans cadre, ni repères.

Encore mineure, elle a été condamnée pour des bagarres. L'adolescente a l'habitude de blinder ses émotions, mais elle se révèle impulsive et ses passages à l'acte peuvent s'avérer extrêmement brusques.

Elle passe d'institution en institution, sans succès. Elle termine normalement sa scolarité mais interrompt ensuite un apprentissage dans le bâtiment, puis dans la vente.

Autre visage

Sa cousine, puis un ami, entendus comme témoins, donneront l'autre facette de sa personnalité. Ils décrivent une jeune fille «posée et gentille», loin de la personne qui a torturé à mort un homme de 61 ans en mai 2006. En prison, la jeune femme a accouché d'un enfant qu'elle voit aussi souvent que possible.

C'est un peu «une eau qui dort», résume l'assistant social qui l'a suivie durant plusieurs années. «On ne sait pas bien ce qu'il y a dessous». «Elle avait un côté rebelle mais aussi le désir de faire sa vie comme tout le monde», a-t-il ajouté.

Jeux morbides

Malgré ses troubles de la perception, la jeune femme avait conscience et volonté de faire quelque chose d'illégal, estime l'expert psychiatre, qui exclut une réduction de sa responsabilité pénale. «Elle est restée dans ces jeux morbides, jouant même un rôle de bourreau», a-t-il dit.

Les espoirs thérapeutiques s'avèrent minces, mais ils existent. L'expert écarte l'internement en raison du jeune âge de l'accusée, et recommande un traitement psychothérapeutique en prison. En espérant que l'accusée prendra conscience de la gravité de ses actes. «Ce sera long et difficile, mais il faut le tenter».

Auditions

Le procès se poursuit jeudi avec l'audition de la jeune femme et de son principal co-accusé, renvoyés pour assassinat, une peine passible de la prison à vie. La Cour a tenté mercredi de comprendre pourquoi les deux accusés les moins impliqués n'avaient pas tenté d'arrêter cette frénésie meurtrière.

Un cinquième comparse, mineur, a déjà été condamné pour assassinat à un placement en milieu fermé jusqu'à ses 22 ans, la peine maximale prévue par le droit des mineurs. Le procès se poursuit jeudi. Les plaidoiries sont prévues lundi. Le jugement tombera ultérieurement. (ats)

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