Caucase: La Géorgie élit son parlement
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CaucaseLa Géorgie élit son parlement

Les élections législatives, qui s'ouvrent samedi matin, sont dominées par deux partis rivaux pro-occidentaux.

Les bureaux de vote ouvrent à 6 heures et les premiers résultats partiels de ces législatives, que surveilleront des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), devraient être annoncés tard dans la nuit de samedi à dimanche.

Au total, 19 partis, six formations et 816 candidats élus au scrutin majoritaire se disputent les votes des 3,5 millions d'électeurs pour obtenir un ou plusieurs des 150 sièges du Parlement.

«Très impopulaires»

Les deux favoris -le parti au pouvoir «Rêve géorgien» du milliardaire Bidzina Ivanichvili et le parti Mouvement national unifié (MNU) fondé par l'ancien président Mikheïl Saakachvili - sont au coude-à-coude, selon des sondages.

Ils restent cependant «très impopulaires et il est vraiment probable qu'il n'y aura pas de victoire nette» pour l'un des deux partis, pronostique l'analyste politique géorgien Guia Nodia.

Le «rêve géorgien» de 2012

«La Géorgie devra donc former un gouvernement de coalition, mais créer une vraie coalition pourrait être difficile car il y existe beaucoup de désaccords entre les partis», s'inquiète-t-il.

En octobre 2012, la victoire écrasante du «Rêve géorgien» aux élections législatives précédentes avait mis fin à une décennie de pouvoir du MNU.

Monnaie dépréciée

Depuis, la popularité du Rêve géorgien s'est fortement effritée, sur fonds de dépréciation de la monnaie géorgienne à la suite de la récession du grand voisin russe, important partenaire commercial de Tbilissi.

Tous deux pro-occidentaux, le MNU et le Rêve géorgien prônent l'entrée de la Géorgie dans l'Otan, comme l'ont promis les dirigeants de l'Alliance atlantique en 2008.

Promesse suspendue

Mais cette promesse reste pour l'instant suspendue, à cause de la ferme opposition de Moscou, qui à l'issue d'une guerre éclair en 2008 a stationné des troupes russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux régions sécessionnistes géorgiennes.

Or, si les partis pro-occidentaux ne réussissent pas à séduire l'électorat, qui se reporterait alors sur les partis pro-russes pour la première fois depuis 1991, les rêves géorgiens d'intégrer l'Otan, mais aussi l'Union européenne, pourraient sévèrement en pâtir, souligne Corneli Kakatchia, directeur de l'Institut géorgien de politique.

Attentat politique

Dans un contexte déjà tendu, la campagne électorale a été marquée par un attentat contre un député du MNU et candidat, dont la voiture a explosé dans la nuit de mardi à mercredi à Tbilissi, blessant quatre passants.

Le MNU a condamné cet incident, accusant le parti au pouvoir, son rival Rêve géorgien, de «créer un climat de haine qui permet d'attaquer des opposants».

Quelques jours avant l'attaque, des assaillants inconnus avaient déjà tiré sur un député indépendant, Irakli Okrouachvili, lors de sa rencontre avec des électeurs, blessant deux personnes.

Plus tôt cette année, plusieurs députés du MNU ont été violemment battus par un groupe de militants du Rêve géorgien.

Abus de pouvoir

Depuis l'arrivée au pouvoir de ce parti en 2012, plusieurs alliés de l'ancien président géorgien ont fait l'objet d'enquêtes et certains ont été emprisonnés sous des accusations, entre autres, de détournement de fonds.

M. Saakachvili lui-même, devenu gouverneur de la région ukrainienne d'Odessa et déchu de sa nationalité géorgienne, est recherché par la justice géorgienne dans le cadre d'une enquête pour «abus de pouvoir», des accusations qu'il dénonce comme politiquement motivées.

Mikheïl Saakachvili a promis de revenir en Géorgie après les élections et jouer un rôle actif dans la vie politique du pays, mais le ministre de l'Intérieur, Guiorgui Mguebrichvili, l'a prévenu qu'il serait arrêté dès son entrée dans le territoire géorgien.

De son côté, son rival, Bidzina Ivanichvili, l'homme le plus riche de Géorgie, a quitté volontairement son poste de Premier ministre en 2013. Mais l'opposition l'accuse de continuer à tirer les ficelles du pouvoir. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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