Dopage dans le cyclisme: La Grande Imposture, le livre qui casse le mythe Armstrong
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Dopage dans le cyclismeLa Grande Imposture, le livre qui casse le mythe Armstrong

Septuple vainqueur du Tour de France, souvent suspecté de dopage, jamais reconnu coupable, l'Américain énerve. Dans La Grande Imposture, les auteurs démontent le mythe. David Garcia, l'un des auteurs, répond à 20 minutes online.

par
Didier Bender

20 minutes online: Un nouveau livre sur Lance Armstrong, le Tour de France et le dopage. On avait l'impression que tout avait déjà été dit, écrit…

David Garcia: On fait un point général sur le système Armstrong. On reprend les différentes étapes: Armstrong et le dopage, Armstrong et son entourage. Ce n'est pas un livre polémique. L'idée, c'était de reprendre le mythe Armstrong et de le déconstruire. Souvent il n'y avait que le côté spectaculaire et sensationnaliste. Nous avons tout repris et avec le recul.

C'est-à-dire…

Par exemple son cancer. En réalité le fait de survivre à un cancer des testicules, ce n'est pas du tout exceptionnel. C'est le cancer le plus facile à soigner depuis plusieurs années. Or toute la presse, y compris des journalistes anti-Armstrong, s'est laissé prendre au piège. On revient sur l'affaire de la pommade aux corticoïdes lors du Tour de France 1999 (ndlr: en 99, L.A. a remporté la première de ses 7 victoires). Armstrong avait été contrôlé positif, puis blanchi.

Que vous inspire le retour de Lance Armstrong sur le Tour de France?

C'est un retour en arrière. Je suis quand même très surpris. Que Lance Armstrong veuille revenir, cela ne me choque pas du tout. Cela peut se comprendre. Ce qui est choquant, c'est que les organisateurs du Tour de France lui déroulent le tapis rouge. Surtout après avoir dit pendant des années: "Le dopage, ce n'est pas bien. Pour nous, c'est la tolérance zéro." C'est absolument choquant ce deux poids, deux mesures. Armstrong, c'est le plus mauvais exemple en termes d'équité sportive et il a toujours bénéficié de passe-droit.

Dans un chapitre de votre livre, vous présentez Armstrong comme le boss, le parrain. Donnez-nous un exemple?

La manière dont il a traité Filippo Simeoni (ndlr: l'Italien a témoigné au procès du Dr Ferrari, préparateur de L.A. déclarant sous serment que le Dr lui avait prescrit de l'EPO et de la testostérone) et Christophe Bassons (ndlr: en 1999, il abandonne le Tour de France sous la pression du peloton et de son leader L.A., pour ses prises de position anti-dopage), c'est une pure honte. Le directeur du Tour de France à l'époque, Leblanc, aurait dû sanctionner L.A. On n'a pas le droit d'utiliser des méthodes déloyales, d'intimider des coureurs. Jean-Marie Leblanc a dit que L. A. avait eu un comportement "cocasse". L.A. a toujours eu des passe-droits.

Comme lors du Tour 1999…

L'Equipe a démontré qu'il s'était dopé en 1999. Cela, on peut le dire, ça a été prouvé. Il y a des témoignages. Tout l'accable. La société organisatrice du Tour de France (Amaury Sports Organisation ou A.S.O.) avait le pouvoir de ne pas accepter le retour de l'Américain. Elle avait le pouvoir de dire: "Non, nous ne voulons pas de Lance Armstrong chez nous." Non seulement, elle ne l'a pas fait, mais il est le bienvenu. L'indulgence dont il bénéfice est choquante. On ne dit pas que Lance Armstrong n'aurait pas gagné le Tour de France sans le dopage. C'est un immense champion. Mais voilà, c'est un tricheur.

Pourquoi Lance Armstrong est-il ainsi "protégé", "ménagé"?

Le génie d'Armstrong, c'est un type charismatique, c'est un businessman. Ce n'est pas un coureur comme les autres. Ce n'est pas un simple coureur. Ce retour a été orchestré par l'Union cycliste internationale (UCI) et par A.S.O. qui voulaient relancer l'affaire du Tour de France. On sait que L.A. a eu une volonté de racheter le Tour de France. Alors ce ne s'est pas fait cette fois-ci. Clairement, la Grande Boucle intéresse Armstrong. L.A. se projette dans le futur proche et lointain. C'est une façon d'occuper le terrain médiatique. Depuis son départ, les affaires de dopage ont miné la course, les audiences ont chuté. Armstrong, c'est un bon client pour les médias. Pour des questions marketing, le groupe Amaury s'est assis sur ses principes. Il s'est aussi rabiboché avec l'UCI, l'idée pour le groupe A.S.O. étant de faire du business avec l'UCI. Lance Armstrong, qui a une notoriété mondiale, est un vecteur pour commercialiser le cyclisme au niveau international. Dans ce sens, l'UCI et A.S.O. ont un intérêt commun.

Tout le monde a donc intérêt à revoir l'Américain sur les routes du Tour, peu importe les principes…

C'est ce que nous dénonçons. Il faut voir le contexte. Le groupe A.S.O. est dans une mauvaise situation financière. Le rallye Paris-Dakar a été annulé en 2008. Le journal L'Equipe continue à perdre de l'argent. A.S.O., les recettes télé qui baissent. Le groupe doit se projeter dans l'avenir et diversifier ses sources de revenus. Il doit pérenniser le business à long terme. Il doit avoir de bons rapports avec l'UCI. Ce rapprochement s'est fait sous la houlette du CIO.

Greg Lemond parle du retour du «cancer dans le cyclisme». Partagez-vous ce point de vue?

Le cancer n'est jamais parti. Lance Armstrong incarne toutes les turpitudes du cyclisme. Il s'est dopé, il y a cette arrogance, ce comportement. Avec lui, personne n'ose l'ouvrir. Tout le monde ferme sa gueule.

A vous entendre, il y a un vrai décalage entre le traitement envers Lance Armstrong et envers les autres coureurs…

C'est ce qui est choquant. Quand le Danois Bjarne Riis (96) avoue qu'il s'est dopé sur le Tour de France 1996, la société du Tour le déclasse, avant de lui redonner son maillot jaune. A.S.O. et l'UCI ont une position légaliste dans l'affaire. C'est-à-dire qu'officiellement, L.A. n'a jamais été contrôlé positif, puisqu'il avait son ordonnance antidatée. L'UCI a arrangé le coup. Sur le Tour 1999, Armstrong est contrôlé six fois positifs à l'EPO, sur 12 contrôles. Ce n'est pas rien. . L'UCI dit juridiquement, ce n'est pas un contrôle antidopage. S'il n'y a pas eu de déclassement en 1999, au moins qu'il ne l'invite pas sur le Tour 2009. Il peut garder six victoires dans le Tour de France, sur le compte de la présomption d'innocence. Mais quand même, pour 1999… Il a pris des corticoïdes et de l'EPO.

Peut-on encore gagner le Tour de France sans se doper?

Non. Si vous ne vous dopez pas, vous partez avec un handicap par rapport aux autres. Donc pour gagner, vous êtes obligés de vous doper. Les statistiques sont accablantes. Depuis 1947, tous les vainqueurs du Tour, sauf Greg Lemond (vainqueur 86-89-90), ont soit avoué, soit été accusés par des témoins. soit ont travaillé avec des médecins véreux comme le Dr Ferrari, soit ont couru dans des équipes où l'on sait qu'il y avait du dopage. Je pense à la Once. Un coureur comme Carlos Sastre (ndlr: vainqueur du Tour 2008) n'a certes jamais avoué se doper. Mais il a travaillé avec Laurent Jalabert et Manolo Saiz, donc voilà. Laurent Fignon (vainqueur 83-84) est passé aux aveux, et puis il avait de toute façon été pris pour dopage. Stephen Roche (vainqueur 87), avait comme médecin le Dr. Ferrari. Jan Ullrich (vainqueur 97), on n'en parle même pas. Le Dr Mondenard a raison quand il parle de la suspicion légitime. Ce n'est pas polémique, il suffit de prendre le tableau. Je reconnais que Lance Armstrong est un grand champion. Il a un mental hors-norme, il a une rigueur dans l'entraînement et dans la reconnaissance des courses. Mais voilà, il s'est dopé comme les autres.

Dans La Grande Imposture qui vient de sortir en libraire, le Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage, et David Garcia, journaliste d’investigation indépendant et auteur notamment de La Face cachée de l’Equipe, cassent le mythe Armstrong. Les auteurs profitent du retour de l’Américain, sextuple vainqueur du Tour, pour revisiter l’histoire de «ce qui pourrait être la plus belle escroquerie au palmarès de l’histoire du sport moderne», selon les termes du Figaro Magazine. Dans ce livre-entretien, les auteurs font le point sur le système Armstrong. Le Dr Mondenard parle de «la suspicion légitime». ,de Jean-Pierre Mondenard, entretiens avec David Garcia. Edition Hugo & Cie. Parution le 18 juin 2009.

Dans La Grande Imposture qui vient de sortir en libraire, le Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage, et David Garcia, journaliste d’investigation indépendant et auteur notamment de La Face cachée de l’Equipe, cassent le mythe Armstrong. Les auteurs profitent du retour de l’Américain, sextuple vainqueur du Tour, pour revisiter l’histoire de «ce qui pourrait être la plus belle escroquerie au palmarès de l’histoire du sport moderne», selon les termes du Figaro Magazine. Dans ce livre-entretien, les auteurs font le point sur le système Armstrong. Le Dr Mondenard parle de «la suspicion légitime». ,de Jean-Pierre Mondenard, entretiens avec David Garcia. Edition Hugo & Cie. Parution le 18 juin 2009.

Dans La Grande Imposture qui vient de sortir en libraire, le Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage, et David Garcia, journaliste d’investigation indépendant et auteur notamment de La Face cachée de l’Equipe, cassent le mythe Armstrong. Les auteurs profitent du retour de l’Américain, sextuple vainqueur du Tour, pour revisiter l’histoire de «ce qui pourrait être la plus belle escroquerie au palmarès de l’histoire du sport moderne», selon les termes du Figaro Magazine. Dans ce livre-entretien, les auteurs font le point sur le système Armstrong. Le Dr Mondenard parle de «la suspicion légitime». ,de Jean-Pierre Mondenard, entretiens avec David Garcia. Edition Hugo & Cie. Parution le 18 juin 2009.

Dans La Grande Imposture qui vient de sortir en libraire, le Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage, et David Garcia, journaliste d’investigation indépendant et auteur notamment de La Face cachée de l’Equipe, cassent le mythe Armstrong. Les auteurs profitent du retour de l’Américain, sextuple vainqueur du Tour, pour revisiter l’histoire de «ce qui pourrait être la plus belle escroquerie au palmarès de l’histoire du sport moderne», selon les termes du Figaro Magazine. Dans ce livre-entretien, les auteurs font le point sur le système Armstrong. Le Dr Mondenard parle de «la suspicion légitime». ,de Jean-Pierre Mondenard, entretiens avec David Garcia. Edition Hugo & Cie. Parution le 18 juin 2009.

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