23.09.2020 à 15:27

Nucléaire iranien«La grandeur de l’Amérique s’est effondrée»

La demande de Trump pour un retour de l’ensemble des sanctions onusiennes levées par l’accord de Vienne contre l’Iran n’a pas abouti. Téhéran jubile.

Hassan Rohani a estimé que «la nation iranienne a remporté un grand succès politique, juridique et diplomatique aux Nations Unies»

Hassan Rohani a estimé que «la nation iranienne a remporté un grand succès politique, juridique et diplomatique aux Nations Unies»

AFP

L’Iran a affirmé mercredi avoir remporté une «victoire» contre les Etats-Unis après l’échec du président américain Donald Trump à obtenir du Conseil de sécurité des Nations unies le retour des sanctions onusiennes contre Téhéran.

«La nation iranienne a remporté un grand succès politique, juridique et diplomatique aux Nations Unies. La raison de cette victoire réside uniquement dans l’adhésion et la résistance du peuple», a déclaré le président iranien Hassan Rohani en conseil des ministres. «La grandeur de l’Amérique s’est effondrée (tout comme) l’hégémonie mondiale dont ils pensaient disposer», a ajouté Hassan Rohani dans cette allocution retransmise à la télévision.

Lourdes sanctions américaines

En mai 2018, Donald Trump a sorti unilatéralement les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. Cet accord offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales prises à son encontre en échange de garanties iraniennes – vérifiées par l’ONU – destinées à prouver que la République islamique ne cherche pas à se doter de l’arme atomique.

En sortant de ce pacte, Washington a réimposé de lourdes sanctions économiques contre Téhéran qui ont plongé l’économie iranienne dans une récession sévère dont le pays peine à sortir. En riposte au retrait américain, Téhéran s’est progressivement affranchi, à partir de mai 2019, de la plupart de ses engagements clés pris à Vienne.

L’Iran affirme agir de la sorte dans le cadre de l’accord, mais Washington, qui accuse au contraire la République islamique de le violer, a entrepris une manoeuvre baroque au Conseil de Sécurité en août, destinée à réimposer contre Téhéran l’ensemble des sanctions onusiennes levées par l’accord de Vienne.

Macron prend position

L’argumentaire juridique des Etats-Unis, reposant sur l’affirmation qu’ils seraient toujours «participants» à un accord qu’ils ont dénoncé, a été rejeté par le Conseil de sécurité et les Etats-Unis sont pratiquement seuls aujourd’hui à affirmer que ces sanctions ont été rétablies et s’appliquent au monde entier.

Tout en dénonçant «les violations» à l’accord de Vienne «commises» selon lui «par l’Iran», le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi devant l’Assemblée générale de l’ONU que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni (parties à cet accord), n’avaient aucune intention de «transiger» face à Washington sur leur refus de soutenir un rétablissement des sanctions de l’ONU contre l’Iran. Hassan Rohani n’a fait mercredi aucune allusion aux propos de son homologue français.

Alors que l’Iran commémore le 40e anniversaire du déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak, le 22 septembre 1980, Hassan Rohani a fait un parallèle entre ce conflit et la «guerre économique» qu’il accuse MTrump d’avoir lancée contre la République islamique.

Le but de l’Irak en 1980 et celui des Etats-Unis en 2018 était dans les deux cas de «renverser le système» de la République islamique, a affirmé Hassan Rohani, pour qui Donald Trump a commis «la même erreur de calcul» que le dictateur irakien Saddam Hussein avant lui.

(afp/nxp)

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