Genève: La grève des TPG court-circuitée par la direction
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GenèveLa grève des TPG court-circuitée par la direction

Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour le 21 mars. L'entreprise a saisi la Chambre des relations collectives de travail.

par
Maria Pineiro
Les TPG avaient déjà été en grève en novembre 2014.

Les TPG avaient déjà été en grève en novembre 2014.

Keystone/Martial Trezzini

Les employés des Transports publics genevois (TPG) et de leur sous-traitant RATP n'en peuvent plus. Ils l'ont fait savoir en se prononçant massivement pour une journée de grève reconductible dès le 21 mars. 80 à 90% des salariés de la régie publique ont opté pour un arrêt de travail lors d'une consultation menée par les syndicats. Le préavis déposé mercredi matin par les syndicats a été contrecarré peu après par la direction qui a demandé une conciliation auprès de la Chambre des relations collectives de travail. Cette démarche empêche toute mesure de lutte durant les discussions. La grève ne pourra pas avoir lieu.

Embauche et horaires

«Tous les secteurs de l'entreprise sont concernés, les chauffeurs, les techniciens et l'administration», a précisé Valérie Solano, secrétaire syndicale au SEV. «Les conditions de travail mènent à des taux records d'absentéisme, a-t-elle dénoncé. Les collaborateurs sont épuisés et en colère à cause notamment d'un management lacunaire et d'un manque d'information de la part de la direction.»

Les syndicats SEV, ASIP et Transfair pointent un nombre important de conducteurs voltigeurs qui ne bénéficient pas d'horaires fixes et dont les plannings sont communiqués à la dernière minute. Ils seraient 370, soit un tiers de l'effectif. Le vice-président de la section TPG du SEV, Jérôme Faÿ a également mis en exergue des amplitudes horaires de plus de 13 heures.

Parmi les revendications des conducteurs, des amplitudes de 10 heures maximum, une diminution drastique du nombre de voltigeurs ou encore le respect des 5 minutes de pause au terminus. «Cela ne peut passer que par des embauches. Il faut 70 postes supplémentaires pour normaliser la situation», a affirmé Vincent Leggiero du SEV.

Sécurité en péril

Ces problématiques touchent aussi les sous-traitants des TPG, dont la RATP. Le délégué a estimé que la sécurité des passagers était mise en danger. «Après une touchette, on ne renvoie par le conducteur chez lui. Résultat: un deuxième accident dans l'après-midi pour la même personne. La semaine passée, il y a eu quatre accidents», a-t-il explicité.

Les syndicats ont précisé que les techniciens étaient aussi touchés par le manque d'information, notamment sur l'organisation du travail dans le futur dépôt en Chardon. Pour ce qui est de l'administration, un absentéisme très élevé a été mis en exergue. Ils exigent de la transparence, des informations, ainsi qu'un management moins agressif.

Les syndicats reconnaissent que des engagements ont été opérés, mais pas en suffisance ont-ils déclaré. Une rencontre avec le magistrat Luc Barthassat et la direction de l'entreprise a eu lieu le 28 février. Le conseiller d'Etat a mandaté les TPG pour discuter avec les représentants des employés.

La menace de grève n'a pas tenu longtemps. L'après-midi même, les TPG ont réfuté ces allégations et dénoncé l'apparition de nouvelles revendications qu'ils ignoraient. Ils ont demandé une conciliation. Cette démarche suspend la grève annoncée plus tôt dans la matinée.

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