La Gruyère fête ses 125 ans
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La Gruyère fête ses 125 ans

Tri-hebdomadaire du Sud fribourgeois, le journal La Gruyère fête ce week-end ses 125 ans à Bulle (FR).

Il marque l'événement par une journée portes-ouvertes samedi ainsi que par la diffusion lundi d'une édition spéciale consacrée aux moments clé de la publicaton et de la région.

La Gruyère, c'est 16 journalistes et photographes suivant l'actualité des districts de la Gruyère, de la Glâne et de la Veveyse ainsi que du Grand Conseil et du Conseil d'Etat fribourgeois. Elle tire à 14 485 exemplaires et touche 32 000 lecteurs selon la dernière étude REMP.

Si la proximité est la force revendiquée du journal, cela ne signifie pas qu'il se cantonne à son pré carré. Le lien régional est souvent prétexte à aborder des sujets allant bien au-delà.

Fil rouge

Les Romands pestent-ils à cause d'une interruption de la ligne CFF entre Fribourg et Berne, et c'est à l'enfant du pays Vincent Ducrot, responsable du trafic grandes lignes, d'être soumis à la question.

Autre exemple: deux pleines pages de textes et photos célèbrent Marcel Imsand et la rétrospective qui lui est consacrée à Martigny. Prétexte en forme de clin d'oeil: le photographe est né à Pringy, au pied du château de Gruyères.

Un supplément cossu

Alors que le journal paraît mardi, jeudi et samedi, le numéro spécial, et ses 40 pages, sera distribué sous forme de tous ménages lundi. Le rédacteur en chef Jerôme Gachet y invite le lecteur à une «virée subjective dans le passé», mais avec dans le viseur l'avenir.

Directrice du Centre romand de formation des journalistes (CRFJ) Eliane Ballif le lui augure plutôt bon: selon elle, il y a en Suisse, plus qu'ailleurs, une identité très forte des journaux régionaux. «On est d'abord cantonal en Suisse», explique-t-elle dans une interview du numéro spécial.

Plutôt optimiste

Les régionaux ont donc intérêt à cultiver leur côté spécifique répondant au critère «nulle part ailleurs». En outre, si les nouveaux médias transforment les médias traditionnels, ils ne les font pas disparaître. «Le fait que les nouvelles générations s'initient au papier par les journaux gratuits, quoi qu'on puisse par ailleurs en dire, est plutôt un signe positif», analyse-t-elle.

Côté rétroviseur, le numéro anniversaire se penche sur plusieurs événements ayant marqué la région. Pour n'en citer que trois: les effets de Lothar en 1999. L'ouragan avait fauché 3800 hectares de forêts et mis à terre 1,4 million de mètres cubes de bois, soit l'équivalent de sept coupes annuelles.

L'ouverture du dernier tronçon de l'A12 en 1981: elle marque un tournant pour le canton et la région. Pour l'ex-directeur cantonal de l'économie Michel Pittet, l'A12 n'a pas cessé depuis 26 ans d'être un outil de développement formidable.

La création du barrage de Rossens en 1948: il a bouleversé le paysage gruérien désormais indissociable du lac de la Gruyère. Pas moins de 954 hectares, des domaines, une église et le «pont du diable» alias le pont de Thusy avaient été engloutis.

Décoloration politique

L'histoire mouvementée du journal est aussi analysée. Longtemps fer de lance des radicaux du canton, il incarnait l'opposition à tout ce que symbolisait La Liberté d'alors, la suprématie de la capitale, l'hégémonie du PDC et la position dominante de l'Imprimerie St-Paul, note l'historien Jean Steinauer.

Des problèmes de succession d'un côté et le besoin de rentabiliser des investissements de l'autre ont poussé les Imprimeries Glasson et St-Paul à s'entendre. Depuis 1976, La Gruyère appartient au groupe St-Paul, également éditeur de La Liberté. (ats)

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