Crise au Yémen: La guerre civile fait trente morts par jour
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Crise au YémenLa guerre civile fait trente morts par jour

Le conflit au Yémen a fait plus de 30'000 morts et blessés depuis la fin mars, a indiqué mardi un porte-parole de l'ONU.

Plusieurs organisations ont demandé la création d'une commission d'enquête internationale sur le conflit au Yémen.

Plusieurs organisations ont demandé la création d'une commission d'enquête internationale sur le conflit au Yémen.

En moyenne, les hostilités ont provoqué chaque jour la mort de 30 personnes et fait 185 blessés en moins de six mois, selon les décomptes de sources hospitalières cités par l'ONU. Le bilan réel est certainement plus élevé, de nombreuses victimes n'ayant pas accès aux hôpitaux, a indiqué le porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires (OCHA) à Genève Jens Laerke.

«Les dégâts infligés aux infrastructures civiles comme les hôpitaux, les mosquées et les écoles se poursuivent sans relâche. L'épuisement des stocks médicaux et le manque de fuel pour les générateurs des hôpitaux exacerbent la crise humanitaire», a affirmé le porte-parole.

En août, les importations de carburant ont représenté seulement 12% des besoins mensuels, contre 69% en juillet, s'est alarmé le porte-parole. Cette diminution est provoquée par les restrictions liées à l'embargo sur les importations, les dégâts infligés aux ports et le refus des compagnies maritimes de prendre des risques en accostant au Yémen. Plus de 20 millions de Yéménites, soit 80% de la population, ont besoin d'une aide humanitaire.

Appel au Conseil des droits de l'homme

Amnesty International et Human Rights Watch ont lancé mardi un appel au Conseil des droits de l'homme pour qu'il décide de la création d'une commission d'enquête internationale. Elle devra enquêter «sur les atteintes graves au droit international humanitaire (DIH) et aux droits humains attribuées à toutes les parties au conflit depuis septembre 2014, lorsquun groupe armé houthi a pris le contrôle de Sanaa, la capitale du Yémen».

Le 26 mars, une coalition dirigée par lArabie saoudite a lancé une campagne aérienne contre les forces houthies. Depuis lors, les belligérants ont commis de graves violations du DIH, dont certaines sont susceptibles de constituer des crimes de guerre, selon l'appel soutenu par une vingtaine d'ONG. Au moins 2000 civils ont péri dans les hostilités et 4000 ont été blessés, selon le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Frappes aériennes aveugles

La coalition emmenée par lArabie saoudite a effectué des frappes aériennes aveugles, qui ont tué des dizaines de civils, soulignent les ONG. Les forces houthies et alliées ont enfreint également à maintes reprises le DIH, notamment en tirant sans discrimination sur des zones habitées par des civils dans le sud du Yémen et de l'autre côté de la frontière en Arabie saoudite et en recrutant des mineurs pour grossir leurs rangs.

Des groupes armés non étatiques ont porté atteinte à la neutralité des centres de santé, du personnel médical et des travailleurs humanitaires, ajoutent les ONG.

Réticence de l'Arabie saoudite

«La réticence de l'Arabie saoudite, dautres membres de la coalition, et du gouvernement yéménite, à enquêter sur des frappes aériennes illégales au Yémen, ainsi que labsence de mesures dobligation de rendre des comptes au sein des autres parties au conflit, démontrent la nécessité pour le Conseil des droits de l'homme dagir de toute urgence», affirment dans une déclaration commune la vingtaine d'ONG.

L'adoption d'une résolution demandant la création d'une commission d'enquête internationale sur les crimes commis au Yémen est peu probable compte tenu des soutiens de l'Arabie saoudite et de ses alliés au Conseil des droits de l'homme. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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