Actualisé 11.03.2011 à 09:46

Prostitution

La guerre des trottoirs est déclarée

Des péripatéticiennes genevoises fustigent leurs concurrentes fraîchement débarquées dans les maisons closes, et qui ne respectent pas les règles implicites du quartier chaud.

de
Shahïn Ammane
Celle qui osera papillonner sur le trottoir de Sylvia aura affaire à la pointe de son couteau.

Celle qui osera papillonner sur le trottoir de Sylvia aura affaire à la pointe de son couteau.

«Elles racolent à travers leur vitrine, se promènent nues dans la rue, couchent sans préservatif et pour moins de 100 fr.» La rage de Sylvia et de Laura risque bientôt de se muer en violence. Les deux cocottes latines parlent au nom des copines qui, comme elles, battent le pavé. «On ne peut plus supporter ces putains roumaines qui occupent en surnombre quelques cabines dans un sex center, lâche Sylvia. Comme elles sont toxicos, elles attirent tous les dealers du quartier. Avec les beaux jours, elles vont squatter nos trottoirs et là, ça va être la guerre», promet-elle en manipulant avec habileté un couteau papillon.

30 clients pas jour

Dans un rapport paru fin janvier, Aspasie (association de défense des professionnelles du sexe) constate en effet que la nouvelle loi sur la prostitution profite avant tout aux bordels. Avec pour effet une violence­ désormais cachée derrière les murs. Ainsi, coucher avec 30 clients durant les huit heures de service, au risque de négliger l'hygiène, est le quotidien de ces péripatéticiennes. La location de l'espace se monte à 150 fr. «Nous payons jusqu'à 800 fr. par semaine la chambre, confie de son côté Laura. Sans oublier les impôts, que ces filles baladées par des macs de salon en salon négligent.» La belle-de-nuit tient à dénoncer «les réseaux existants qui s'en mettent plein les poches».

Plus de 3000 professionnelles

Avec l'ouverture des frontières sur l'Europe, le nombre de professionnelles du sexe déclarées aux autorités genevoises a explosé en sept ans. Il est passé de 800 en 2004 à 3100 actuellement. La majorité d'entre elles proviennent des pays de l'Est.

Engagée pour faire le ménage?

Une demande de permis adressée par un sex center au contrôle des habitants en vue d’embaucher une fille stipule que la société est enregistrée dans la catégorie «blanchisserie et nettoyage à sec». La belle, qui a été engagée pour une période de dix jours, connaissait-elle son cahier des charges? Il est difficile d’approcher les filles qui exercent dans ces lieux. Elles sont surveillées et effrayées de révéler leurs réelles conditions de vie...

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!