WikiLeaks: la guerre fait rage entre entreprises et partisans
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WikiLeaksla guerre fait rage entre entreprises et partisans

La guerre fait rage dans le cyberespace entre les partisans de WikiLeaks et les entreprises qu'ils accusent de vouloir bâillonner l'organisation de Julian Assange.

dans les deux camps, celui des entreprises et celui des partisans de Wikileaks, des sites Internet ont été mis temporairement hors service par des attaques informatiques.

Les manifestations de défense de WikiLeaks gagnent aussi les rues: environ 500 personnes se sont rassemblées vendredi à Sydney pour exprimer leur soutien et une autre protestation s'est tenue à Brisbane, en Australie. Une manifestation est prévue lundi à Londres.

Visé par un mandat d'arrêt suédois pour une affaire de viol et d'agression sexuelle, le ressortissant australien Julian Assange se trouve actuellement en détention en Grande-Bretagne.

«Assange sollte ermordet werden»

Depuis qu'il a publié quelque 250.000 dépêches diplomatiques américaines classées secrètes, WikiLeaks fait l'objet de nombreuses pressions. Des grands groupes basés aux Etats-Unis ont coupé les liens avec l'organisation, dont MasterCard, Visa, PayPal, Amazon.com et EveryDNS. Cela entrave sa collecte de fonds et ses possibilités de publication.

En représailles, des partisans de WikiLeaks ont lancé des attaques informatiques contre ces groupes. Ces «hacktivists» (contraction du mot anglais «hacker», ou pirate informatique, et d'activiste) rassemblés sous le nom d'Anonymous (anonymes) utilisent un logiciel pour abreuver les sites ciblés de fausses demandes de pages. Résultat: les sites des sociétés visées se retrouvent saturés.

Paul Mutton, un analyste de Netcraft, une compagnie basée à Londres, suit ces attaques Internet. Il est facile, même pour les personnes peu calées en informatique, de télécharger le logiciel, souligne-t-il.

Mercredi, le nombre d'ordinateurs prenant part à la riposte Web était passé de 400 à 2.000, rapporte M. Mutton. Même si ce chiffre semble bas, il a été suffisant pour submerger les sites de Visa et MasterCard. «J'ai été surpris de voir à quel point c'était efficace», a confié l'analyste de Netcraft. «On n'a pas besoin d'un grand nombre de gens pour mener une attaque de ce type.»

L'activiste Gregg Housh, engagé aux côtés d'Anonymous, confie avoir été lui aussi «surpris que Visa et MasterCard aient coulé». D'après lui, les ordinateurs à la disposition des Anonymes ont atteint le nombre de 3.000 jeudi.

Les sites Web des deux cartes bancaires ont été rendus temporairement inaccessibles -pendant plusieurs heures pour MasterCard. Le service de paiement en ligne PayPal a été rendu partiellement inefficace par intermittence.

Le logiciel LOIC (Low Orbit Ion Cannon) utilisé par les Anonymous a été téléchargé des milliers de fois durant la nuit, rapportait la société de sécurité informatique américaine Imperva, qui recensait vendredi plus de 40.000 téléchargements.

La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a critiqué jeudi l'attitude des grands groupes qui tentent de couper les vivres de WikiLeaks ou de le priver d'hébergement sur la Toile. Ces agissements «peuvent être interprétés comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourraient constituer une violation du droit à la liberté d'expression de WikiLeaks». Si l'organisation de Julian Assange a commis un acte illégal, «cela devrait être traité par le système judiciaire et non par des pressions et des intimidations».

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont tous deux critiqué l'incarcération de Julian Assange.

Aux Pays-Bas, un adolescent de 16 ans soupçonné d'avoir participé aux attaques informatiques a été arrêté jeudi.

WikiLeaks s'est pour sa part distanciée de la riposte des Anonymous. «Nous ne condamnons ni n'applaudissons ces attaques», a déclaré l'organisation.

Un communiqué de presse se réclamant des Anonymes a circulé vendredi, expliquant que leur objectif était d'attirer l'attention sur les «procédés sournois» utilisés par certains grands groupes «pour détériorer les capacités de fonctionnement de WikiLeaks». (ap)

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