santé: La hausse des coûts est due à plus de prestations

Actualisé

santéLa hausse des coûts est due à plus de prestations

Les interventions médicales telles que les IRM ou les mammographies se sont fortement accrues en Suisse. Ce qui explique le prix plus élevé de l'assurance obligatoire des soins.

L'augmentation des coûts de l'assurance obligatoire des soins (AOS) est due à la hausse du volume des prestations, a estimé jeudi santésuisse devant la presse à Berne. La croissance du nombre de médecins spécialistes et du secteur ambulatoire hospitalier en sont les principales causes.

La quantité d'IRM effectués a crû de 214% entre 2005 et 2011, indique santésuisse. Les mammographies ( 111%) et les échographies ( 86%) ont également enregistré une forte hausse.

Les interventions médicales superflues doivent être évitées, estime santésuisse. En plus d'alourdir les coûts supportés par les assurés et les contribuables, elles nuisent à l'économie nationale et posent un problème éthique, argumente-t-elle.

Favoriser les médecins de campagne

L'introduction de tarifs différenciés entre les régions rurales et urbaines pourrait limiter la hausse des coûts et mérite d'être étudiée, ajoute santésuisse. Selon cette option, les médecins des zones rurales pourraient facturer leurs prestations plus cher que leurs confrères des régions urbaines, a expliqué à l'ats Anne Durrer, porte-parole de santésuisse.

La faîtière des assureurs maladie souligne que le système actuel de répartition par canton évite aux régions périphériques et rurales, aux dépenses moindres, de financer l'augmentation des coûts des zones urbaines. Elle rejette l'idée de créer des grandes régions de prime, souligne Christoph Meier, directeur de santésuisse.

Secteur ambulatoire en cause

Les dépenses de santé ont progressé en Suisse de 25% par personne entre 2004 et 2010, indique une étude commandée par santésuisse et réalisée par la Haute école zurichoise des sciences appliquées de Winterthour (ZHAW). Cette évolution est essentiellement imputable à l'augmentation de la quantité des prestations prescrites et non à celle des prix, précise Reto Schleiniger, professeur à la ZHAW.

Les principales causes sont à chercher du côté de la hausse de la consommation de médicaments ( 30%), qui a annulé la baisse des prix observée dans le secteur. S'y ajoute l'augmentation du volume des prestations ambulatoires. Cette dernière est selon l'étude un phénomène indépendant, et n'est pas due à un report des prestations stationnaires sur le secteur ambulatoire.

Genève et Vaud chers

Des différences marquées ont été constatées entre les cantons du point de vue des prix ainsi que de la quantité des prestations. Ces disparités sont de nature structurelle, selon l'étude.

A Genève et dans le canton de Vaud, les coûts élevés par tête s'expliquent par des quantités et des prix systématiquement supérieurs à la moyenne suisse. Seul le volume important des prestations engendre en revanche le renchérissement à Bâle-Ville.

Les cantons de Neuchâtel et de Berne font état de prix élevés, tandis que le Tessin affiche des quantités importantes. Les cantons de Suisse centrale, de Saint-Gall et les deux Appenzell parviennent eux à maintenir leurs volumes et leurs prix en-dessous de la moyenne nationale.

Disparités entre Romands et Alémaniques

La majorité des hôpitaux cantonaux ont une productivité se situant autour de la moyenne suisse. Ils peuvent toutefois faire état de différences allant jusqu'à 20%. Seul le canton de Zurich fait preuve d'une productivité nettement supérieure à la moyenne, tandis que Neuchâtel, Fribourg, Berne et les Grisons sont en queue de classement.

Les paramètres démographiques permettent aussi d'expliquer les disparités cantonales, poursuit l'étude. Outre la densité de médecins spécialistes, une proportion de femmes plus élevée ainsi qu'une population âgée entraînent une augmentation des coûts.

Les latins se distinguent par une consommation de médicaments supérieure à celle des Alémaniques. Des cantons germanophones font en revanche plus souvent recours à certaines prestations que les romands: Zoug (42,7%) affiche un taux de naissances par césarienne deux fois plus élevé que celui du Jura (19,2%). Glaris recense 196 prothèses du genou pour 100'000 habitants, contre 84 dans le Jura. (ats)

Ton opinion