Pierre-François Unger: La hausse des primes maladie serait injustifiée

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Pierre-François UngerLa hausse des primes maladie serait injustifiée

Le ministre genevois de la santé Pierre-François Unger estime que rien ne justifierait une hausse massive des primes d'assurance maladie à Genève en 2010.

«Je suis optimiste que l'on ne dépasse pas 2% d'augmentation», a-t-il déclaré mardi devant les médias.

A ce jour, les assureurs envisagent une hausse de 4,1% en moyenne dans le canton du bout du lac. «Nous pensons que cette augmentation est encore trop élevée», a souligné M.Unger. Pour le conseiller d'Etat, en regard des données à disposition, plus de la moitié des Genevois devraient voir leur primes baisser ou rester stables.

Tous les paramètres sont réunis pour éviter des augmentations importantes. Le canton est ainsi parvenu à maîtriser les coûts de la santé ces dernières années. «Il y a peu, certains pensaient que nous en étions incapables», a noté M.Unger. Et les chiffres des deux premiers trimestres de 2009 confirment la tendance.

M.Unger remet donc la compresse sur l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Fin août, Genève et Neuchâtel avaient déjà mis en garde contre toute hausse immodérée des primes. Vaud leur avait emboîté le pas quelques jours après, inquiet comme les deux autres cantons après l'évocation d'augmentations situées entre 10 et 15%.

Des réserves à profusion

Outre des coûts sous contrôle, les assureurs ont à Genève de quoi voir venir. Leurs réserves sont restés largement excédentaires et n'ont pas baissé significativement. Dans le canton du bout du lac, les réserves des caisses représentaient en moyenne 41% des primes annuelles encaissées en 2008, un record en Suisse.

Pour M.Unger, les assureurs ont toujours tendance à surestimer les coûts à Genève. «C'est pourquoi les réserves ne baissent pas». D'autres cantons vivent par contre sans couverture, dans le négatif. La crainte du conseiller d'Etat est que les caisses décident de transférer leurs réserves genevoises vers ces cantons.

Le magistrat s'est montré particulièrement fier de la maîtrise des coûts de la santé. Elle a pu être obtenue en partie grâce à l'application de la clause du besoin qui limite le nombre de médecins pouvant exercer dans le canton. Des mesures de rationalisation ont également été prises dans les hôpitaux.

Médecins trop nombreux

Reste que les dépenses de médecine privée par habitant à Genève demeurent les plus élevées de Suisse. Les médecins de premier recours sont aussi ceux qui gagnent le moins, car ils sont trop nombreux. Selon M.Unger, 20% des médecins pourraient disparaître sans que le fonctionnement du système de santé genevois en souffre. (ats)

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