Assurance maladie: La hausse modérée des primes divise

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Assurance maladieLa hausse modérée des primes divise

Les cantons reprochent aux assureurs de ne pas puiser dans leurs réserves, tandis que les hôpitaux pointent du doigt le nouveau système des forfaits par cas.

modérée à la veille de la votation sur «Les réserves latentes des assureurs sont enfin mises en évidence», déclare à l'ats Pierre-Yves Maillard, estimant qu'elles ont passé de 3,8 à 6 milliards de francs. «Les caisses ont donc largement de quoi rembourser les primes payées en trop», souligne le chef du Département vaudois de la santé.

Selon les cantons, on continuera pourtant de payer trop ou trop peu de primes par rapport aux coûts, déplore Michael Jordi, secrétaire général de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS). Celle-ci demande que les réserves accumulées soient utilisées pour atténuer les coûts toujours plus élevés de la santé.

Les assureurs ont constitué des réserves à hauteur de 6,5 milliards de francs, selon M. Jordi. Les provisions de 4 milliards prévues dans la loi sur l'assurance maladie demeurent déjà pour les caisses «une garantie considérable.»

«Grand souci»

Pour Pierre-Yves Maillard, la croissance modérée des primes marque surtout «un grand souci» d'éviter une trop forte hausse avant la votation sur la caisse publique. «Si on n'était pas à la veille d'une telle votation, on aurait probablement eu avec les mêmes chiffres une hausse des primes plus élevée», affirme le ministre vaudois de la santé.

«S'agit-il d'un hasard si les primes augmentent modérément à l'approche d'une votation populaire réclamant un changement de système?», se demande de son côté le PS dans un communiqué.

Interrogée, la faîtière des assureurs maladie santésuisse nie tout lien: «Pour les caisses, un tel calcul aurait représenté un grand désavantage à compenser l'an prochain», déclare Paul Rhyn, porte-parole. «On ne connaît pas les calculs de chaque assureur, il est donc difficile de dire à quoi exactement est due la hausse de 2,2%», précise-t-il.

Croissance à réduire

Reto Dietschi, directeur de l'association d'assureurs maladie curafutura, est plus formel: la hausse modérée est due en grande partie aux mesures prises par les assureurs et au niveau fédéral, comme la baisse du prix des médicaments. La croissance des primes pourrait encore être ralentie si les cantons payaient tous leur maximum pour le secteur stationnaire dans le cadre du nouveau financement hospitalier.

Dès 2017, ceux-ci seront obligés de contribuer à 55% au financement des prestations. «La part des assureurs et des payeurs de primes, qui paient aujourd'hui l'autre moitié, va alors forcément diminuer», souligne le directeur de l'association regroupant plusieurs assureurs maladie suisses.

«L«affirmation selon laquelle le système pseudo-concurrentiel actuel a pour effet une réduction des coûts peut être réfutée une fois de plus par la nouvelle augmentation des primes», affirme pour sa part Mathieu Fleury, vice-président de la coalition pour une caisse maladie publique et secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs. «Cette hausse pèse sur de nombreux foyers.»

Forfaits par cas en cause

Pour l'Union syndicale suisse (USS), la hausse incombe aussi à certains cantons. Zurich et Berne, par exemple, ont diminué leur contribution à la réduction des primes, alors que le programme d'austérité du canton de St-Gall prévoit de nouvelles réductions, écrit l'USS dans un communiqué.

La faîtière des hôpitaux de Suisse H juge une telle hausse des primes normale, étant donné que les coûts de la santé augmentent avec le progrès médical et l'amélioration des prestations. «Mais il est faux de mettre la faute sur les seuls hôpitaux, dans la mesure où le système des forfaits par cas accroît la concurrence», note Dorit Djelid, porte-parole.

«Cela produit des charges supplémentaires pour les cantons et les assureurs», ajoute-t-elle. Selon le ministre de la santé Alain Berset, les coûts dans le secteur hospitalier stationnaire ont augmenté de 30% durant le premier semestre de 2013. Ces données seraient toutefois peu pertinentes, car l'introduction des forfaits par cas a causé des retards de facturation. (ats)

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