Beringen (SH): La jeune femme parricide écope de la perpétuité
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Beringen (SH)La jeune femme parricide écope de la perpétuité

La fille de 24 ans qui a poignardé son père à mort et grièvement blessé sa mère en 2011 à Beringen (SH) voit sa peine pour assassinat alourdie.

La Cour suprême schaffhousoise l'a condamnée en appel à la perpétuité. En première instance, l'accusée avait été sanctionnée d'une peine de 18 ans.

Les juges ont suivi le réquisitoire de la procureure qui avait fait appel du jugement de décembre 2012, estimant que la prévenue devait être sanctionnée d'une peine à perpétuité. Durant le procès en appel qui s'est déroulé mercredi, elle a qualifié les actes incriminés de «calculateurs, sournois et brutaux». La défense, qui avait aussi fait appel, demandait une peine limitée à 10 ans pour meurtre.

Thérapie stationnaire

La Cour suprême a reconnu jeudi l'accusée coupable d'assassinat et de tentative d'assassinat. La jeune femme a prémédité ses deux crimes de longue date et les a commis de sang-froid en quelques minutes de manière indépendante l'un de l'autre, ont invoqué les juges pour justifier l'aggravation de la peine.

Ils ont en outre décidé de soumettre la parricide à une thérapie stationnaire. Le tribunal de première instance s'était prononcé pour une thérapie ambulatoire.

17 coups de couteau

Au petit matin du 26 juillet 2011, la jeune femme a pénétré dans l'appartement familial à Beringen, armée de deux couteaux de cuisine et d'un spray au poivre. Elle a asséné 17 coups de couteau à son père âgé de 52 ans qui dormait sur le canapé, en visant délibérément son cou.

Alerté par les cris, le frère de la jeune femme est intervenu et a réussi dans un premier temps à la maîtriser. Profitant du fait que son frère se soit déplacé dans la pièce voisine pour alerter les secours, elle a alors grièvement blessé au couteau sa mère de 51 ans en la poignardant également dans le cou. Après s'être enfuie, elle a rapidement été retrouvée par la police qui l'a arrêtée.

Insultée et battue

Dépressive, la jeune femme, qui n'habitait plus au domicile familial au moment des faits, affirme avoir agi parce que son père l'insultait et la rabaissait depuis des années, et qu'il la battait occasionnellement. La mère ne se serait jamais interposée.

L'avocat de la défense a plaidé en vain que sa cliente avait agi en pleine détresse et par désespoir. En cas de confirmation de la condamnation pour assassinat, il demandait que la peine ne dépasse pas 12 ans.

Sans scrupules et sans regrets

Dans son réquisitoire, la procureure a mis en avant l'«esprit extrêmement égoïste» qui a animé la jeune femme. Selon la magistrate, la prévenue a agi sans scrupules ni commune mesure avec ce qu'elle reprochait à ses parents.

A la barre, l'accusée a affirmé qu'elle regrettait que des proches de ses parents aient souffert de ce drame tout en soulignant qu'elle ne regrette pas ses actes: «La seule autre issue aurait été le suicide», a-t-elle déclaré aux juges. Et d'ajouter qu'elle pouvait aujourd'hui de nouveau ressentir de la compassion pour certaines personnes, mais pas pour ses victimes. (ats)

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