Actualisé 22.04.2008 à 12:03

La Joconde révèle de nouveaux secrets

Grâce à plusieurs techniques utilisant la lumière et sans toucher au tableau, des chercheurs français ont découvert que le peintre de la Renaissance a utilisé la technique du glacis alors inconnue en Italie pour son célèbre «sfumato».

Deux chercheurs français ont ainsi «mis à nu» la Joconde en effectuant virtuellement un dévernissage du célèbre portrait par le biais d'une caméra multi-spectrale et de calculs sur les matériaux utilisés à l'époque, a expliqué à l'Associated Press Mady Elias, responsable du groupe optique et arts à l'Institut des nanosciences de Paris/CNRS/Université Paris VI et VII. Les résultats des recherches effectuées avec Pascal Cotte sont publiés dans la revue «Applied Optics», précise mardi le CNRS dans un communiqué.

A partir de 100 millions de spectres de lumière enregistrés avec une caméra devant la Joconde en 2004 au Louvre, les chercheurs ont analysé la composition de cette lumière en de multiples points du tableau. Ils ont ensuite effectué le même type de mesures sur une copie du tableau, réalisée à partir de nuanciers de pigments classiques de l'époque, a précisé Mady Elias.

Afin de déterminer les couleurs originales obscurcies par un vernis qui jaunit l'ensemble, la même caméra a enregistré le tableau copié non verni puis verni artificiellement, pour que les chercheurs effectuent par la suite une comparaison mathématique des différents spectres, transformés en couleurs.

«Le ciel est redevenu bleu, les couleurs du visage roses», a souligné Mady Elias qui a réalisé la troisième étape sur le sfumato lui-même. «Nous avons identifié un seul pigment» sur la première couche du tableau, à savoir «la terre d'ombre» et «une saturation exceptionnelle de la couleur sur le visage», qui est la «caractéristique du glacis des Primitifs flamands».

Cette technique a été diffusée par un peintre italien Antonnello Da Messina après un voyage dans le Nord de l'Europe mais que Léonard de Vinci aurait été le premier à employer dans ses tableaux.

De plus, ce glacis a été appliqué sur un fond composé à 99% de blanc plomb et 1% de vermillon, un mélange typique des techniques utilisées en Italie, ce que confirment les équations portant sur la lumière quand elle interagit avec les pigments», a souligné Mady Elias. «Léonard de Vinci a d'abord utilisé une technique italienne puis la technique flamande de glacis, et ce serait le seul». (ap)

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