Lydia West : «La joie de vivre des années 1980 a été brisée par le sida»
Publié

Lydia West «La joie de vivre des années 1980 a été brisée par le sida»

À la une de la presse anglaise ces dernières semaines, Lydia West est l’une des premières découvertes de 2021 grâce à la série «It’s a Sin» diffusée sur Canal+ .

par
Henry Arnaud
La comédienne a commencé sa carrière artistique par la danse. 

La comédienne a commencé sa carrière artistique par la danse.

HBO

L’Anglaise de 27 ans est la star féminine de «It’s a Sin», diffusée par Canal+. Cette minisérie autour du sida et de la communauté gay londonienne est le plus gros succès d’audience des premiers mois de 2021 au Royaume-Uni. Rencontre.

Êtes-vous surprise par votre succès actuel?

Pas vraiment (rires). Ce succès, c’est avant tout celui de notre série qui est fascinante. Beaucoup de gens peuvent s’identifier aux jeunes dans l’univers gay de Londres à l’époque du sida. Et même les jeunes de ma génération savent ce que c’est de ne pas pouvoir être libre à cause d’un virus. Il y avait une joie de vivre dans les années 1980 qui a été brisée par la maladie. D’une certaine manière, le Covid nous empêche aussi aujourd’hui de vivre.

Vous incarnez Jill, la seule fille d’un groupe de jeunes gays à Londres. Comment vous identifiez-vous à elle?

Comme elle, je veux avant tout apporter de la joie et du réconfort à mes amis, comme aux téléspectateurs dans mon travail. J’ai eu deux exemples proches de moi. D’abord, ma mère était infirmière à l’époque de la série. Elle s’occupait de séropositifs. Elle me parlait d’amitié, d’amour et d’affection qu’elle apportait à ses patients car c’était la chose la plus importante. Quand le sida a démarré, les malades étaient enfermés à clé dans des dortoirs et rares étaient les médecins volontaires car tout le monde avait peur d’attraper ce virus. Ensuite, mon personnage est une femme qui existe vraiment. C’est une amie intime du créateur de la série, Russell T. Davies. D’ailleurs, c’est elle qui joue ma mère dans la série. C’était magnifique de l’avoir sur le plateau.

Tous vos partenaires disent que vous avez constamment le sourire et une énergie positive. Pourquoi?

Je suis une fille positive qui voit toujours le verre à moitié plein, plutôt que l’inverse. Le sport m’aide à voir la vie du bon côté en dépensant mon trop-plein d’énergie. Durant le confinement, j’ai appris la natation. Comme les salles de sport étaient fermées, j’ai commencé par faire des longueurs dans des piscines puis dans la mer. J’ai même nagé dans le lac de Côme durant mes vacances. C’était au début de mon apprentissage et je me suis mise à paniquer en comprenant que j’étais loin du rivage. Puis, je me suis mise à rigoler de ma situation en me disant que tant qu’à mourir noyée autant que cela soit dans un lieu sublime comme le lac de Côme (rires). J’ai fait la planche pour me calmer en espérant que George Clooney se jette à l’eau pour me sauver mais il n’en a rien été (rires). Sa maison n’était pourtant pas loin de là.

Quel a été votre parcours jusqu’à présent?
J’ai commencé la danse à 7 ans et je n’avais que cela en tête jusqu’à ce qu’une blessure me force à changer de discipline artistique et j’ai découvert la comédie. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille libérale très ouverte où l’on m’a toujours encouragée dans mes choix sans aucun tabou. Autour de nous, il y avait des amis de toutes les orientations sexuelles et toutes les couleurs. Ce n’est qu’à l’adolescence que j’ai réalisé que le racisme et l’homophobie existaient. Je veux combattre la haine avec l’amour. Participer à «It’s a Sin» était donc presque un devoir pour aider à ouvrir l’esprit des gens.

Ton opinion

73 commentaires