Thaïlande: La junte ferme la chaîne de télévision de l'opposition

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ThaïlandeLa junte ferme la chaîne de télévision de l'opposition

La liberté d'expression et celle de la presse ne sont pas les grandes gagnantes de la dernière décision de la junte au pouvoir en Thaïlande.

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19.05 Yingluck Shinawatra, accusée d'abus de pouvoir, a clamé son innocence devant la justice, mardi à l'ouverture de son procès. Elle encourt jusqu'à dix ans de prison.

19.05 Yingluck Shinawatra, accusée d'abus de pouvoir, a clamé son innocence devant la justice, mardi à l'ouverture de son procès. Elle encourt jusqu'à dix ans de prison.

Reuters/Chaiwat Subprasom
01.05 La junte au pouvoir en Thaïlande a de nouveau tiré sur la laisse de l'opposition en fermant une chaîne de télévision satellitaire, dernier coup porté par les militaires à la liberté d'expression dans le royaume.

01.05 La junte au pouvoir en Thaïlande a de nouveau tiré sur la laisse de l'opposition en fermant une chaîne de télévision satellitaire, dernier coup porté par les militaires à la liberté d'expression dans le royaume.

05.03 Le lieutenant-général Prayuth Chan-O-Cha, qui dirige le pays depuis mai 2014, a refusé jeudi d'être interdit de vie politique après les prochaines élections.

05.03 Le lieutenant-général Prayuth Chan-O-Cha, qui dirige le pays depuis mai 2014, a refusé jeudi d'être interdit de vie politique après les prochaines élections.

Reuters

La junte au pouvoir en Thaïlande a de nouveau tiré sur la laisse de l'opposition en fermant une chaîne de télévision satellitaire, dernier coup porté par les militaires à la liberté d'expression dans le royaume. Les programmes habituels ont été remplacés par une mire.

Dans un communiqué publié sur Facebook, Jatuporn Prompan, le président des Chemises rouges, a annoncé que Peace TV avait été sommée de suspendre sa diffusion à partir de 20h30 jeudi (15h30 en Suisse).

Les Chemises rouges, puissant mouvement populaire favorable au gouvernement balayé par le coup d'Etat du 22 mai 2014, bataillaient depuis plusieurs mois pour conserver leur autorisation d'émettre.

Fermées dès après le coup d'Etat, les chaînes de l'opposition avaient de nouveau pu fonctionner trois mois plus tard à la condition de rester en dehors du débat politique.

Mais la junte, via la Commission nationale des télécommunications (NTC) qui délivre les licences, estime que Peace TV a enfreint ses obligations.

Les partisans de Jatuporn ont vivement critiqué la fermeture de leur chaîne sur le site du leader. «L'écran est noir, mais nos coeurs seront toujours rouges», a écrit Pongsak Chaiyawut.

Législatives attendues

«C'est la version dictatoriale de la réconciliation», ironise un autre au sujet de la promesse des militaires de tourner la page des déchirements partisans qui agitent la politique thaïlandaise depuis près d'une décennie.

En 2006, le Premier ministre, Thaksin Shinawatra, avait été renversé et exilé. Quatre ans plus tard, des dizaines de milliers de Chemises rouges avaient campé dans les rues de Bangkok pour réclamer la chute du gouvernement de l'époque.

Ces manifestations, réprimées dans le sang par l'armée (90 morts), avaient mis en lumière les divisions au sein de la société, entre pro et anti-Thaksin. Celui-ci continue à influencer la politique thaïlandaise, via son parti, le Puea Thai, et les Chemises rouges. Sa soeur Yingluck était le chef du gouvernement au moment du coup d'Etat.

La junte a évoqué des législatives pour fin 2015. Mais d'ici là, elle est soupçonnée de vouloir mettre en place des mécanismes barrant tout retour des Shinawatra. (ats)

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