Actualisé 02.10.2009 à 09:58

Birmanie

La junte rejette l'appel d'Aung San Suu Kyi

La junte birmane a rejeté vendredi l'appel déposé par Aung San Suu Kyi, qui contestait sa condamnation à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence.

L'opposante reste de facto exclue du paysage politique pour les élections promises en 2010.

La lauréate du Prix Nobel de la paix, 64 ans, avait été condamnée à trois ans de réclusion et de travaux forcés en août, pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, sur les rives d'un lac. La sanction avait été immédiatement commuée en une peine de 18 mois d'assignation à résidence.

Lors de l'appel, ses avocats ont fait valoir que le jugement rendu le 11 août avait été motivé par la constitution de 1974, qui n'est plus en vigueur.

«Nous allons porter l'affaire devant la haute cour», a indiqué à l'AFP Nyan Win, l'un des avocats de l'opposante et le porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Deux femmes, qui vivent enfermées avec Mme Suu Kyi dans sa demeure familiale délabrée de Rangoun et qui avaient été condamnées à la même peine, ont elles aussi vu leur appel rejeté.

La junte avait essuyé une pluie de critiques après le procès en première instance, à l'exception notable de la Chine, son plus sûr allié dans la région.

Washington cherche le dialogue

Mais elle bénéficie actuellement de la volonté des Etats-Unis de mêler les sanctions en place depuis plus d'une décennie avec un dialogue politique de nature, selon l'administration Obama, à impulser un changement en Birmanie.

Les premiers entretiens de haut niveau entre les deux pays depuis près de dix ans se sont tenus mercredi à Washington. Les Etats-Unis ont demandé notamment la libération des prisonniers politiques, en particulier celle de Mme Suu Kyi, qui a été privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années.

Pas de résultats

Mais aucun observateur ne croyait réellement que ce dialogue porterait ses fruits aussi vite. «Le fait est qu'elle demeure emprisonnée aujourd'hui», a souligné une diplomate étrangère en poste à Bangkok. «Cela montre que (les militaires) ne sont pas prêts à faire des compromis sur quoique ce soit ni à se plier à quelque initiative nouvelle», a-t-elle ajouté.

Mme Suu Kyi, victorieuse des élections de 1990 sans jamais pouvoir exercer le pouvoir, est aujourd'hui écartée de toute action politique dans la perspective du scrutin de 2010.

Mais elle n'est pas inactive pour autant: la semaine dernière, elle avait transmis au chef de la junte, le généralissime Than Shwe, des suggestions pour obtenir une levée des sanctions occidentales imposées à son pays.

Possible boycott

Le régime birman doit promulguer dans les mois à venir deux lois fixant les règles de création des partis politiques et de la campagne électorale. Dans l'attente de ces textes, la LND a pour l'instant indiqué n'avoir pas décidé si elle comptait participer au scrutin ou le boycotter.

Le parti d'opposition a toutefois demandé l'autorisation d'organiser une réunion entre ses plus hauts dirigeants, y compris ceux qui se trouvent en détention. Sans réponse pour l'instant.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!