Royaume-Uni: la justice a tranché, le jeune Archie peut être débranché par ses médecins

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Royaume-UniLa justice a tranché, le jeune Archie peut être débranché par ses médecins

Le garçon de 12 ans est en état de mort cérébrale mais ses parents, soutenus par une organisation chrétienne, refusent qu’on arrête les soins. Son sort déchaîne les passions outre-Manche.

Archie, 12 ans, a été retrouvé inconscient chez lui en avril. Il n’a jamais repris connaissance depuis et ses médecins estiment que son cas est désespéré. 

Archie, 12 ans, a été retrouvé inconscient chez lui en avril. Il n’a jamais repris connaissance depuis et ses médecins estiment que son cas est désespéré. 

Photo d’illustration/Getty Images/iStockphoto

La justice britannique a rejeté lundi un recours de dernière minute contre l’arrêt des soins d’un garçon de 12 ans en état de mort cérébrale selon les médecins. Le combat de ses parents, soutenus par une organisation chrétienne, qui disent vouloir lui laisser toutes les chances possibles et avoir constaté des signes de vie, suscite un grand intérêt au Royaume-Uni.

Archie Battersbee, 12 ans, est maintenu dans le coma dans un hôpital londonien depuis avril. Il est considéré en état végétatif par les médecins et la justice britannique avait autorisé mi-juillet l’hôpital à mettre fin aux soins qui le maintenaient en vie. Alors que les traitements devaient cesser lundi à 14 h, les parents ont saisi dans un recours de la dernière chance le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies, qui a demandé vendredi au gouvernement britannique de «s’abstenir de retirer à Archie tout traitement de maintien en vie» le temps qu’il puisse étudier le dossier.

Le gouvernement ne veut pas s’impliquer dans l’affaire

Le gouvernement, qui refuse de s’impliquer dans l’affaire, a transféré en urgence la demande des Nations Unies à la justice britannique. Mais la Cour d’appel a refusé lundi de retarder l’arrêt des soins au-delà de 12 h mardi, octroyant un petit délai pour que la famille puisse envisager d’autres recours. «Son système, ses organes et son cœur sont en train de s’éteindre», a estimé le juge Andrew McFarlane.

Le cas du jeune Archie met le doigt sur l’épineuse question de l’euthanasie passive. Sur les réseaux sociaux, il déchaîne les passions, les pour et les contre le maintien en vie artificiel de l’adolescent se déchirant par tweets interposés

Une violation «flagrante» du droit international

L’avocat des parents, Edward Devereux, avait estimé avant la décision qu’un rejet de la demande de ce comité des Nations Unies – dont la convention a été signée et ratifiée par le gouvernement britannique il y a près de quinze ans – constituait une «violation flagrante et inacceptable du droit international». Mais le traité «ne fait pas partie de la loi du Royaume-Uni (…) et il n’est pas approprié pour cette Cour d’appliquer un traité international non incorporé (dans la loi) dans son processus décisionnel», a fait valoir le juge.

Archie Battersbee avait été retrouvé inconscient chez lui le 7 avril et n’a pas retrouvé connaissance depuis. Selon sa mère, Hollie Dance, il aurait participé à un défi en ligne consistant à retenir sa respiration jusqu’à l’évanouissement. Pour Hollie Dance, l’arrêt des soins est une décision d’une «cruauté extraordinaire». «Archie a le droit de voir les décisions concernant sa vie et sa mort (…) être examinées par un organisme international de défense des droits humains», a-t-elle affirmé.

(AFP)

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