Tram à Lausanne: La forêt du Flon sauvée, les travaux peuvent démarrer
Actualisé

Tram à LausanneLa forêt du Flon sauvée, les travaux peuvent démarrer

Les autorités ne veulent plus de la rampe qui devait sacrifier l'espace vert. Paradoxalement, le chantier peut commencer sans que l'on connaisse les détails du projet.

par
frb
La place de l'Europe, à Lausanne, devrait être le terminus de la future ligne.

La place de l'Europe, à Lausanne, devrait être le terminus de la future ligne.

Attendue depuis des mois, la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) sur l'avenir de la forêt du Flon est tombée mercredi. Formellement, la justice a rejeté le recours contre la liaison routière Vigie-Gonin, donnant son feu vert au défrichement de la forêt du Flon et donc, l'autorisation de construire.

Mais dans la foulée, les autorités vaudoises ont indiqué qu'elles ne voulaient plus de cette rampe routière. Paradoxalement, la forêt du Flon est donc officiellement sauvée. «C'est un jour historique», a déclaré la conseillère d'Etat Nuria Gorrite devant la presse. Fervent défenseur de la forêt et opposant de longue date du Canton sur ce dossier, l'entrepreneur Toto Morand était présent à ses côtés pour la photo de famille. «Pour moi, tout est pardonné», a-t-il dit, ému. Au vu de la tournure des événements, il s'est engagé à ne pas recourir contre la décision du TAF. D'autres parties peuvent toutefois le faire concernant d'autres aspects du projet. Ils ont 30 jours.

Feu vert pour le chantier, mais projet encore flou

«Passé ce délai et moyennant quelques préparatifs, les travaux du tram pourraient démarrer autour de l'été», a précisé Nuria Gorrite. Mais l'abandon de la rampe nécessite que tous les acteurs se remettent autour de la table. La justice a été claire: des mesures d'accompagnement sont indispensables à la fermeture de l'extrémité est de la rue de Genève. Sans la rampe, il en faudra d'autres. Et qui dit mesures d'accompagnement dit mises à l'enquête complémentaires et donc négociations avec les milieux économiques. Ceux-ci veulent être certains qu'il y aura un accès multimodal au centre de Lausanne.

Ces discussions ne font que commencer. Aujourd'hui, il n'y a pas d'accord. Les autorités font le pari que la durée du chantier, qui s'étalera sur 4 à 5 ans, devrait le permettre. «C'est sans garantie, mais la volonté d'y parvenir est partagée par tout le monde», a assuré Patrick Eperon, de la Fédération patronale vaudoise. Mais le pari comporte un sérieux risque: si les mesures d'accompagnement renégociées sont jugées insatisfaisantes à Berne, l'Office fédéral des transports pourrait refuser au canton l'autorisation d'exploiter «ou la limiter à la zone en site propre qui ne pose pas problème», explique le TAF. Comprenez à un terminus au niveau de la Vigie au lieu de la place de l'Europe, ce qui porterait un sacré coup au projet.

Et pour les bus?

L'autre axe fort des autorités vaudoises est l'introduction de bus à haut niveau de service dans l'agglomération. Ces véhicules, qui doivent rouler en site propre pour faire gagner de précieuses minutes sur les temps de parcours, sont suspendus au sort de la circulation sur le Grand-Pont. Nuria Gorrite a soufflé ce mercredi que des solutions de compensation à la fermeture de cet axe important du centre-ville étaient en train d'être envisagées. Enfin, les communes ont les clés du timing entre leurs mains. Ce sont elles qui doivent voter les différents préavis dans ce dossier. (frb/ats)

Ton opinion