Actualisé 21.11.2018 à 07:13

GenèveLa justice creuse la piste de la triche électorale

Une affaire de fraude semblait enterrée. Mais deux hommes mis en cause seront entendus.

par
Jérôme Faas / mpo
Au centre de laffaire, des bulletins de vote soi-disant vierges.

Au centre de laffaire, des bulletins de vote soi-disant vierges.

L. Fortunati - TDG

L'affaire avait éclaté le 9 avril. A six jours des élections cantonales, la police avait interpellé une candidate de Genève en Marche, suspectée de se livrer à une fraude électorale à base de bulletins signés mais vierges. Le dossier s'était dégonflé le 11, le Parquet indiquant que l'audition de la prévenue permettait «d'envisager un abandon des charges». Fin de l'histoire? Pas vraiment.

La procédure n'est pas close et le procureur général Olivier Jornot mènera des auditions début 2019. Le 8 février, en particulier, il entendra deux «personnes appelées à donner des renseignements». Un statut hybride entre témoin et prévenu. «Le Ministère public n'a pas encore décidé ce qu'il voulait en faire, et n'a pu établir leur complète innocence», en conclut Me Benjamin Grumbach, avocat de la prévenue. Celle-ci, le 11 avril, avait cité les deux hommes, affirmant qu'ils récoltaient du matériel de vote vierge au bénéfice de politiciens. Une surveillance rétroactive de leurs appels téléphoniques des six mois précédents avait été ordonnée.

Les deux hommes réfutent tout acte illicite. L'un d'eux, rencontré mardi, dit n'avoir encore jamais été entendu par Olivier Jornot. Ne s'expliquant pas la procédure à laquelle il est mêlé, il se demande si la justice ne cherche pas, à travers lui, à atteindre d'autres personnes. Le Parquet ne fait aucun commentaire.

"Dame de bonne foi"

Une procédure a été ouverte en avril contre l'ex-candidate de GEM pour captation de suffrages, fraude et corruption électorale. L'homme à qui elle a fait miroiter des voix a porté plainte pour tentative d'escroquerie. Me Grumbach, qui défend la prévenue, juge qu'elle a été manipulée, notamment par son parti. «C'est une dame de bonne foi qui a essayé de bien faire. Avec les infos dont je dispose, il n'y a pas de quoi dresser un acte d'accusation.»

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