Énigme criminelle: La justice française rouvre l'affaire Grégory

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Énigme criminelleLa justice française rouvre l'affaire Grégory

La justice française a décidé de rouvrir mercredi, 24 ans après les faits, l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory, l'une des plus grandes énigmes criminelles en France de ces dernières décennies.

Les parents du garçonnet, Christine et Jean-Marie Villemin, avaient saisi la cour d'appel de Dijon. Ils souhaitent que les enquêteurs analysent notamment la cordelette qui avait servi à ligoter leur fils retrouvé mort à 4 ans dans une rivière de l'est de la France en 1984.

La cour a décidé mercredi la réouverture de l'instruction, a indiqué l'avocate des parents de l'enfant. Elle va «ordonner un supplément d'information pour procéder à l'expertise des scellés en vue de rechercher et de trouver des traces d'ADN, voire de micro ADN», a-t-elle ajouté.

Corbeau

Le parquet avait requis la réouverture de l'enquête «compte tenu des progrès de la science».

La justice n'a jamais pu identifier d'assassin, ni un mystérieux corbeau, auteur de lettres menaçantes et haineuses adressées à Christine et Jean-Marie Villemin. Le lendemain du meurtre, les parents avaient reçu une première lettre anonyme: «Ton fils est mort. Je me suis vengé».

En juin 2000, la justice, déjà saisie par les parents de Grégory, avait ordonné la réouverture de la procédure et avait fait expertiser sans succès un demi-timbre apposé sur une enveloppe expédiée en 1983 par le «corbeau».

Cousin et parents incuplés

Grégory Villemin avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984 pieds et poings liés dans la Vologne, une rivière des Vosges.

Un mois après le meurtre, le cousin de Jean-Marie Villemin avait été inculpé et incarcéré. Relâché en 1985, tout en restant inculpé, il avait été abattu la même année par le père du petit garçon.

Quelques mois après, la mère de Grégory, Christine, avait été inculpée pour l'assassinat de son fils. Elle a été blanchie par la justice huit ans plus tard.

L'instruction a été close en 2001, après 17 années d'une enquête hors du commun, qui a déchaîné les passions et provoqué un examen de conscience de la justice mais aussi de la presse, critiquée pour avoir pris partie et n'avoir pas respecté la présomption d'innocence. (ats)

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